Le cliché a la dent dure mais nous aussi !

Géraldine TRAN | Rédactrice en chef

©Leaf

«Femme au volant, danger au ­tournant», «Quand les hommes cherchent quelque chose, c’est rarement avec leurs yeux», «Aussi  bête que blonde», «Les roux sentent mauvais», «Les Chinois mangent du chien», «Les Portugaises sont poilues», «Les Américains sont obèses», «Une femme n’a rien à faire sur un chantier», «Tous les coiffeurs sont homosexuels»… Les stéréotypes sont innombrables et partout. Ils touchent à tous les domaines (nationalité, genre, profession, âge, caractéristiques physiques ou mentales, orientation sexuelle, situation familiale…) et finalement, à tout ce qui existe dans  notre univers. Si certains tendent à rendre les armes, d’autres ont encore la dent bien dure et parasitent – insidieusement ou non – la société en général et de manière personnelle, nos ­perceptions, décisions, fors intérieurs, relations aux autres… Car il faut bien le dire, les clichés sont davantage négatifs et discriminants que positifs et encourageants. Et lorsqu’ils ont un effet psychologique sur le comportement de ceux qui sont visés, ils peuvent devenir une menace et même mener à une diminution des performances. De nombreuses études en psychologie sociale se sont penchées sur ce concept de «menace du stéréotype» et toutes en arrivent à la même conclusion; même s’il existe de nombreux paramètres à prendre en compte. 

Si je vous parle du cliché dans ce qu’il a de plus «dur», c’est parce qu’en réalisant ce numéro, je me suis aperçue de leur omniprésence. Dans presque chaque article, il en existe un: ­clairement identifié ou sous-entendu. Je me suis aussi ­rendue compte que des actions étaient mises en place et que nous pouvions, chacun à notre niveau, les combattre. Vous lirez par exemple dans les actualités que le Digital Leadership ­Institute récompense chaque année une «Digital woman». Vous comprendrez que oui , une femme peut exceller dans les sciences, à l’instar de Marie Curie. Qui, lorsqu’un journaliste lui a demandé ce que cela faisait de vivre avec un Prix Nobel, lui a répondu: «Demandez à mon mari» ! De préjugés, le monde professionnel en regorge. Vous constaterez par exemple, dans la rubrique «Techno­logie» ou «L’ADN de…», que dans la vie, ça ne se passe pas vraiment comme dans les séries télé. Vous serez soulagés de réaliser que vieillir n’est pas une fatalité et peut-être étonné de découvrir que schizophrénie ne rime pas forcément avec psychose. Sachant l’impact fort qu’ils peuvent avoir sur la société et si nous ne sommes pas à l’abri ici d’involontairement en véhiculer, je serai plus qu’attentive à éviter les préjugés et à essayer, sans que cela se voie, de venir à bout de ­certains… Peut-être suis-je idéaliste ? Tant pis, je l’assume et espère avoir mis le doigt sur des choses qui peuvent paraître anodines mais ne le sont pas tant que ça…