Elle
n’est pas donnée à tout le monde la chance de s’aimer pour la vie

Géraldine TRAN | Rédactrice en chef • geraldine.tran@spw.wallonie.be

Ce n’est pas un secret, aujourd’hui, les couples divorcent davantage que par le passé. Et c’est encore plus vrai dans les pays industrialisés que dans les pays en voie développement. Qu’en est-il dans notre plat pays ? Surprise ! Il fait partie des pays où l’on divorce le plus dans le monde ! Et je ne vous parle ici que des couples mariés pour lesquels on peut facilement vérifier les chiffres puisque tout cela est officialisé et acté quelque part. J’ignore si le pourcentage de séparations est le même pour les couples non mariés mais il n’y a pas de raison qu’il soit largement inférieur, au contraire… Selon Statbel, on dénombre ainsi, en 2018, 45 059 mariages pour 23 135 divorces. Un peu plus de 50% des mariages finissent donc par capoter. Attention que dans tout ceci, il faut aussi tenir compte de certaines considérations comme les modalités administratives, leur coût ou encore, le poids des traditions (en Europe, on divorce plus que dans les pays du Sud par exemple). Bref, les hommes et les femmes de 2020 ne sont plus à 100% faits du bois dont on fait les flûtes.

L’âge auquel on se marie a-t-il une influence sur le taux de divortialité ? Les Belges se marient pour la première fois vers l’âge de 33 ans pour le 1er conjoint et 30,7 ans pour le second. En général, les couples belges vivent une relation stable jusqu’à la quarantaine. En effet, il s’agit de l’âge où les demandes de divorce sont les plus fréquentes. Et c’est aussi un âge où l’on a déjà conçu des enfants puisqu’en Belgique, l’on devient parent pour la ­première fois à environ 30 ans. Ce qui signifie que des milliers d’enfants de parents séparés se voient changer de schéma familial. Non seulement, leurs parents ne vivent plus ensemble mais il est très probable, vu leur âge, qu’ils se remettent en couple et qu’une nouvelle famille recomposée voit le jour. Comment ces enfants perçoivent-ils ces changements ? Comment les vivent-ils ? Se sentent-ils chez eux dans les 2 foyers ? Étant personnellement concernée, je me suis souvent posé ces questions. Et pour la première fois, une étude s’est penchée sur le point de vue des adolescents en Wallonie et à Bruxelles. Quel regard posent-ils sur la famille et ses nouvelles configurations ? Comment s’y adaptent-ils ? Quelle organisation pour cette «nouvelle» façon d’être parent (seul ou remis en couple, avec ou sans beaux-­enfants) ? Vous ­trouverez toutes les réponses dans notre rubrique Société (pp. 16-19) et l’actualité de la recherche et des sciences tout au long de ces 52 pages. Bonne lecture ! 

«Deux maisons, deux quartiers
Deux gâteaux d’anniversaire
Multiplier les pères et mères
N’a pas que des mauvais côtés»

Julien Clerc,
Double Enfance