À lire

Lucie CAUWE · lucie.cauwe@gmail.com

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À lire avec nos enfants

Les animaux

Merveilleux animaux, passe à la loupe les maisons des animaux, texte de Jane Wilsher, illustrations de Laurie Avon, traduction de l’anglais sans mention de nom, La Martinière jeunesse, 48 p., 15,90 euros.

Quoi ? Encore un livre sur les animaux ? Oui. Parce que celui-ci est équipé d’un gadget qui se révèle bien utile. La loupe rouge, posée sur les zones des illustrations signalées par un quadrillage de même couleur, fait apparaître de nouveaux éléments dans les dessins, des œufs, des petits. Et comme le sujet est l’habitat des animaux, on plonge dans les nids, les terriers, les arbres, les ruches, les grottes… Autant d’abris dont la construction est expliquée selon le mode de vie de l’animal et son environnement. Autre bon point, la répartition par type d’habitat. Elle offre de passer de la toundra à la savane en passant par le désert, la montagne et la forêt, et fait aussi des focus sur certains animaux, grizzly ou gorille, ou plus proches de nous comme les fourmis ou les castors.

À partir de 6 ans.

Les animaux

Insectarium, texte de David Goulson, illustrations d’Emily Carter, traduction de l’anglais par Emmanuel Gros, Casterman, collection Encyclopedium, 112 p., 25 euros.

Le neuvième titre en 10 ans de cette formidable collection encyclopédique est consacré aux insectes. Pour rappel, en très grand format, la collection Encyclopedium étudie à fond ses différents thèmes (animaux, plantes, arbres, champignons, dinosaures, planètes, être humain, océans), qu’elle présente graphiquement à l’ancienne en de splendides planches naturalistes et qu’elle explique par des textes solides, passionnants et bien actuels. Ainsi, dans ce nouveau volume, le réchauffement climatique est mentionné à plusieurs reprises. Sait-on que les insectes représentent plus de 80% des espèces vivantes sur la Terre et qu’il en existe au moins un million d’espèces ? Au fil des 7 galeries illustrées, on rencontre un nombre incroyable d’insectes et leurs différents habitats. Idéal pour les passionnés.

Pour tous, à partir de 8/9 ans.

Les animaux

Queues, texte et illustrations d’Olivier Charpentier, Seuil Jeunesse, 64 p., 19,90 euros.

Il fallait l’oser ! Consacrer un livre entier, à la fois documentaire, imagier et beau livre, aux queues des animaux. C’est ce qu’a fait de façon splendide l’auteur-illustrateur français Olivier Charpentier. Aborder 23 animaux par cet angle procure de véritables surprises. «Les queues offrent un éventail exceptionnel de formes et d’usages», écrit-il. Après un tour au fond des mers, à la suite du cachalot et du poisson-clown, place à la plus célèbre, celle du cochon bien entendu. Plus utile, celle du cheval, de la mouffette ou de l’hippopotame, même si l’usage est curieux dans son cas. 22 animaux différents sont ainsi passés en revue de l’arrière en des textes détaillés et bien écrits, complétés de magnifiques illustrations naturalistes aux cadrages souvent surprenants. Quant au 23e, il est la surprise de ce très bel album et nous rappelle que nous sommes une espèce de vertébrés parmi les autres.

Pour tous dès 6 ans.

Les êtres humains

Le tour du monde en 6 000 pains, texte de Maria Bakhareva, illustrations d’Anna Desnitskaya, traduit du russe par Margaux Rochefort, La Partie, 88 p., 19,90 euros.

Y a-t-il un aliment plus universel que le pain et ce, toutes époques confondues ? Les historiens estiment que c’est grâce au pain que notre civilisation est née. Que l’humanité s’est sédentarisée. C’est fou comme le pain a influencé le cours de l’histoire. Et combien il peut différer selon les pays, les farines, les levures, les cuissons. C’est ce qu’on va voir dans ce documentaire bien construit, qui fait de la géographie, de la chimie, de la sociologie et de la cuisine, car une recette de pain est proposée à chacune des 8 parties du monde explorées – en plus de celle du levain et des pancakes. Un planisphère montre d’abord les différentes farines utilisées dans le monde. Il y a vraiment autre chose que le blé. On songe au seigle, à l’avoine ou au maïs, on oublie que sont aussi employés le riz, le sorgho, le millet, la pomme de terre, l’igname…

Organisé en doubles pages, ce tour du monde original commence au Moyen Orient. Une carte en situe les pays et les principales caractéristiques, compare le pain local d’hier à celui d’aujourd’hui. Ensuite est détaillée une boulangerie ancienne, ici celle d’Istanbul – il y en aura une par région –, avant que ne soit donnée avec précision une recette, ici la pita.

Le même procédé documentaire, fouillé, original et riche est appliqué dans les autres régions, Asie, Océanie, Amérique du Sud, Amérique du Nord, Europe, Afrique et Antarctique. Infos et anecdotes qui ouvrent l’appétit.

Pour tous à partir de 7 ans.

Les êtres humains

32 dents là-dedans, texte de Yoann Cantin, illustrations de Maria Marega, Helvetiq, 64 p., 19,90 euros.

L’auteur sait de quoi il parle, il est dentiste pédiatrique. Il présente d’ailleurs sa profession dès la première page en interpelant son jeune lecteur: «J’ai écrit ce livre pour expliquer pourquoi tes dents sont précieuses et  pourquoi il est nécessaire d’en prendre soin.» Dans les explications, on trouve bien sûr, les finalités des dents (manger, parler, communiquer, décorer), l’anatomie de la dent avec différentes coupes, les 4 familles (incisives, canines, pré-molaires et molaires), les dents de lait et les dents définitives. Elles sont complétées d’autres thématiques et c’est là que réside l’intérêt de ce documentaire orchestré pour les enfants d’aujourd’hui: les métiers dentaires et leurs réalisations. Que ce soient les différentes manières de baguer les dents (expanseur, gouttière, brackets) ou de les réparer avec l’aide d’un logiciel informatique. Je pense que c’est la première fois que je vois apparaître dans un album pour enfants le plateau des instruments du dentiste et leurs noms ! Au passage, on aura glané des anecdotes sur les dents renouvelables, celles de l’extrême, du bonheur… Passées les infos, les recommandations. Moins de sucre pour éviter les caries, fort bien expliquées, et brossage contre les bactéries créant caries et tartre. On replonge alors dans les infos, agrémentées d’exemples, dents de sagesse et dent préhistorique, dent qui grince et fausse dent, dent colorée, dent sportive et dent bling-bling, en faisant un petit détour par certains animaux. Quelques recettes et un quiz complètent cet ouvrage dont les illustrations éclairent les textes.

Pour tous à partir de 6 ans.

Les êtres humains

Merveilleux caca, texte et illustrations de Mathis, La doux (nouvelle maison d’édition), 20 p. tout-carton, 14,95 euros.

Un moyen format aux pages cartonnées et aux coins arrondis ? C’est pour les bébés ! Oui et non dans ce cas-ci. Oui, c’est pour les bébés quand ils arrivent à l’âge où leur caca les passionne. L’auteur-illustrateur va leur expliquer clairement mais simplement de quoi il retourne. Et les parents le remercieront. Non, car l’album n’est pas seulement un livre d’éveil. C’est aussi un vrai documentaire dont la plupart des notions échapperont aux plus jeunes. Le premier sujet est, logiquement, celui de la digestion. Elle est très bien expliquée une série de dessins se référant à un schéma placé juste avant où sont dessinés et pointés les différents organes qui la permettent. De l’œsophage à l’anus, en passant par le foie, l’estomac, le pancréas, l’intestin grêle, le colon et le rectum. C’est excellent.

Viennent ensuite d’autres infos spécifiques au thème: où fait-on caca ?, les formes et les couleurs du caca, qui fait caca ?, où va mon caca ?. Ce dernier sujet est également bien détaillé. On voit les égouts, l’usine de traitement des eaux et les granulés d’engrais qui sont fabriqués à destination des plantations.

Quelques infos sur les animaux et leurs cacas ainsi que des leçons de vocabulaire terminent cet album agréablement illustré, où les informations sérieuses sont ponctuées d’humour (des meringues jouent les intruses à propos des couleurs) et assorties de conseils pratiques comme l’encouragement à enterrer le caca fait dans la nature. Original et réussi.

Pour tous à partir de 2 ans.

Les êtres humains

Les secrets du cerveau, texte de Helena Haraštová, illustrations de Dita Vopřadová, traduit du tchèque par Lyse Leroy, Albatros, 48 p., 17,90 euros.

Pourquoi se rappelle-t-on de certaines choses ? Pourquoi en oublie-t-on d’autres ? Pourquoi ne se souvient-on pas avoir été bébé ? D’où vient l’imagination ? Pourquoi rêve-t-on ? Tout cela, à cause du cerveau humain, grand ordonnateur. Le tout n’est pas de le dire, mais encore d’expliquer pourquoi et comment. Cet album réussit à guider les enfants à travers quelques secrets du cerveau humain. Il se compose de 2 parties: la mémoire et l’imagination. Il les rend accessibles car il utilise un langage simple et des propositions à hauteur de son public, qu’il entérine ou rejette.

Exemple: la mémoire est-elle rangée dans le cerveau comme les archives d’un musée ? Pas vraiment. Les éléments d’un souvenir sont plutôt les pièces d’un puzzle, rangées dans des tiroirs, d’où ils ressortiront – ou pas.

Tout l’album bénéficie d’un traitement graphique bien pensé. Dans le cas des stimuli du cerveau, on découvre leur chemin. Dans celui des souvenirs, on va de l’encodage à la récupération en passant par le traitement et le stockage.

Après la première partie sur la mémoire et ses différents aspects, positifs et négatifs, les auteures traitent de l’imagination. De quoi s’agit-il ? D’où viennent les idées ? Pourquoi certains ont-ils plus d’imagination que d’autres ? Que sont les pensées ?

Un ouvrage dense et accessible, agréable aussi par les petites touches d’humour qui s’y glissent régulièrement.

À partir de 8 ans.

Les êtres humains

Il n’y a pas de question stupide !, texte de Mike Rampton, illustrations de Guilherme Karsten, traduction de l’anglais par Bérengère Viennot, Gallimard Jeunesse, 144 p., 19,95 euros et Pas croyable !, texte de Philippe Godard, illustrations de Youlie, Nathan, 128 p., 15,90 euros.

Encyclopédie généraliste d’un nouveau genre que ces 213 questions étudiées dans le premier volume, épais, de grand format et qui s’adresse directement au lecteur. Autant de questions d’enfants, pertinentes et sur tous les sujets, auxquelles répondent des experts de l’université de Cambridge. Avec un zeste d’humour, formule aussi largement appliquée dans les sympathiques illustrations, et des prolongements intéressants. Heureusement, en fin de volume, les questions sont regroupées par thèmes (animaux, arbres, corps humain, espace, inventions,…) et complétées d’un index, ce qui permet une double navigation dans les pages, recherche ou découverte.

Le deuxième volume réunit 60 histoires incroyables mais vraies en une autre forme de pêle-mêle atypique. Pas d’index ici mais un sommaire initial qui donne les titres des histoires et les place dans une catégorie identifiée par une couleur (merveilles de la nature, animaux extraordinaires, prodiges de l’architecture, idées d’avenir, …). Chacune est traitée sur une double page bien illustrée par un texte en paragraphes, un mini-résumé et un focus particulier. Inouï de voir combien on est entouré d’extraordinaire !

À partir de 8 ans.

Les êtres humains

Plus grand, plus loin, plus fort !, texte de Kate Baker, illustrations de Page Tsou, traduction de l’anglais sans mention de nom, Casterman, 72 p., 18,90 euros et Plus haut, plus rapide, plus vaste, texte d’Andrea Minoglio, illustrations de Bethany Lord, traduction de l’italien par Delphine Di Domenico, Helvetiq, 96 p., 21,90 euros.

Les titres et les propos de ces 2 albums se ressemblent, mais leurs graphismes et leur origine sont différents, à l’ancienne – la nouvelle tendance – pour l’un, moderne pour l’autre, britannique pour l’un, italien pour l’autre. Le premier se présente comme «le livre de tous les records». Il présente en doubles pages au joli graphisme vintage, certaines se tenant pli du livre à l’horizontale, toute une foule d’informations connues orchestrées sous le signe de la performance. Un point de vue intéressant qui fait souvent reconsidérer des données.

Le deuxième entend, lui, «présenter le monde dans toutes ses dimensions». Comprenez selon la vitesse, la taille, le poids, la masse… et selon des sections intitulées nature, vie sur terre, constructions humaines. En de multiples infographies, il réunit une quantité impressionnante d’informations sur tous ces sujets et répond à des questions très pratiques comme le nombre de bouteilles d’eau nécessaires pour remplir divers contenants, de la baignoire à l’Océan Pacifique en passant par une piscine olympique ou le lac de Côme.

À partir de 8 ans.

L’espace

La Galaxie et toi, texte et illustrations de Cléa Dieudonné, L’Agrume, 64 p., 14 euros et L’Atlas de l’espace, texte de Laura Albanese, illustrations de Tommaso Vidus Rosin, traduction de l’italien par Camille Giordani, La Martinière jeunesse, 112 p., 24,90 euros.

Dans le premier album, la Voie lactée s’adresse directement aux lecteurs pour leur raconter la naissance de l’univers, la formation des étoiles et le mystère des trous noirs. Un ton familier et percutant qui fait passer pas mal d’informations en utilisant des comparaisons à hauteur d’enfant et beaucoup d’humour. Particularité qu’on retrouve dans les percutantes illustrations.

Le second, épais grand format, utilise aussi l’adresse directe aux enfants. Il se distingue des autres ouvrages sur le sujet par ses 35 cartes qui moulinent l’univers selon leur intitulé et fourmillent d’informations. Y est distingué ce qui se voit à l’œil nu et ce qui nécessite un télescope. On trouve ainsi la classique carte scientifique du ciel (boréal et austral), mais aussi celles qu’avaient les Grecs anciens, les Chinois, les Africains et les Navajos. D’autres cartes présentent le système solaire, dont la Terre et sa carte de la pollution lumineuse, la Lune et ses explorations, les autres planètes et leurs caractéristiques. Une approche originale qui fait reconsidérer une matière sur laquelle on croit souvent tout connaître.

À partir de 6 ans et 8 ans.

L’espace

Habitats vus du ciel, texte de David Marchand et Guillaume Prévôt, illustrations d’Atelier Lugus, La cabane bleue, 32 p., 18 euros.

Est-ce l’effet drone ? Voilà une nouvelle collection documentaire qui entend prendre de la hauteur et voir le monde autrement. Excellent sujet que l’habitat pour ce premier volume. Chacun des 12 panoramas sur double page (une image pleine page, une page de texte) examine comment l’être humain se comporte dans la nature et raconte la manière dont les enfants y vivent. On se promène partout dans le monde, Maroc, forêt amazonienne, Mongolie, îles Lofoten, oasis égyptien, Brunei, Arequipa au Pérou, Prypiat en Ukraine, Thame au Népal, île de Manhattan, falaise au Mali, polder hollandais. Rien que les localisations donnent une idée de la variété et de la richesse des habitats qui sont détaillés. Pour chacun, un résumé, un planisphère et un texte comportant l’interview d’un enfant du coin qui parle du passé, du présent et aussi du futur. Un regret: l’absence de table des matières.

À partir de 8 ans.

L’espace

Ciels, texte et illustrations de Charline Collette, Albin Michel Jeunesse, 48 p., 14,90 euros.

Il est au-dessus de nous. Le regarde‑t-on assez ? Certains craignaient même que le ciel ne leur tombe sur la tête. Ce petit format en format à l’italienne rend hommage au ciel, aux ciels même. De l’aube au crépuscule, au rythme des phénomènes météorologiques, l’auteure-illustratrice française pointe un détail de nature lié à un moment de la journée, nous invitant à regarder, à écouter, à observer, à ressentir et à se protéger si nécessaire. Face aux magnifiques illustrations peintes, de courts textes à l’écriture poétique décrivent ces états du ciel, de jour comme de nuit. L’éveil des oiseaux le matin, le faon dans la brume, le coq qui chante au soleil, le criquet qui s’envole, le vent qui souffle, les éclairs et la foudre, la pluie qui sauve, l’éclaircie et l’arc-en-ciel sont autant d’invitations à en savoir plus. Comme la dernière partie de l’album qui évoque l’air, la nuit, les étoiles, la comète, la Lune… Quelle belle manière artistique de considérer ce ciel qui nous accompagne tout le temps.

Pour tous.

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