Actualités

Thibault GRANDJEAN • grandjean.thibault@gmail.com

© chokniti – stock.adobe.com, © vetre – stock.adobe.com, © JuergenL – stock.adobe.com, © Fukume – stock.adobe.com, © vectorfusionart – stock.adobe.com, ©  Michael Neugebauer / The Jane Goodall Institute, © UNAMUR

01

Les prix quinquennaux du FNRS, l’excellence de la recherche en Belgique francophone

Ce sont un peu les Nobel belges. Tous les 5 ans, le FNRS récompense 6 chercheurs et chercheuses de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans toutes les disciplines scientifiques, pour l’excellence de leurs recherches, en Belgique comme à l’international. Chaque prix est doté d’un montant de 75 000 €. Cette année, le Prix Dr. A. De Leeuw-Damry-Bourlart, qui couronne des recherches en sciences exactes fondamentales, a été remis à Nicolas Cerf, Professeur de mécanique quantique et de théorie de l’information et Directeur du Centre d’information et d’informatique quantiques à l’ULB. Pionnier de l’informatique quantique moderne, le jury a souligné que «le chercheur a contribué à définir le domaine du traitement de l’information quantique à variables continues. Depuis, ce domaine de recherche a fait de grands progrès et les premières applications sont sur le point d’arriver ou sont déjà arrivées sur le marché».

Ce même prix est également attribué pour des recherches en sciences exactes fondamentales. Et là encore, il consacre des travaux liés au monde quantique, et plus particulièrement à la cryptographie quantique. Il a été attribué à François-Xavier Standaert, Directeur de recherches FNRS au sein du Crypto Group de l’UCLouvain. Selon le jury, le chercheur est «à l’origine de principes fondamentaux permettant la construction de matériel informatique résistant aux fuites et la mise en œuvre de protocoles et d’algorithmes cryptographiques dans des logiciels.»

Côté sciences biomédicales, le Prix Joseph Maisin récompensant des recherches fondamentales a été décerné à Nathalie Delzenne, Professeure à la Faculté de pharmacie et des sciences biomédicales, chercheuse au sein du Louvain Drug Research Institute de l’UCLouvain, pour «ses recherches pionnières sur le microbiome intestinal avec des implications significatives pour la santé publique». En effet, notre microbiote s’est imposé ces dernières années comme un paramètre important tant dans le développement de nombreuses maladies que pour son rôle protecteur.

Tout comme pour les sciences exactes, le Prix en sciences biomédicales vient également célébrer un chercheur dans le domaine appliqué, ou clinique. Il s’agit de Peter Stärkel, Professeur et chef de clinique à l’UCLouvain dont «l’approche en matière de recherche clinique translationnelle a permis de mieux comprendre les maladies hépatiques chroniques liées à l’alcool […], un problème clinique d’importance mondiale.»

Le Prix Ernest-John Solvay, dédié aux sciences sociales, a été décerné à Jean-Marie Baland, Professeur au sein du Département de sciences économiques et membre du Centre de recherche en économie du développement de l’UNamur. Ses recherches menées dans des pays tels que l’Inde, le Népal, le Kenya et le Chili, «abordent des questions telles que le développement économique, la réduction de la pauvreté et la protection de l’environnement

Enfin, ce même Prix Ernest-John Solvay vient également couronner des recherches en sciences humaines. Il a été attribué à Godefroid de Callataÿ, Professeur et chercheur à l’Institut des civilisations, arts et lettres (INCAL) de l’UCLouvain. Chercheur renommé en histoire du monde arabo-musulman, ses travaux portent sur l’histoire des idées scientifiques. D’après le jury, «ils ont massivement contribué à une compréhension renouvelée de la culture arabo-islamique et de son rôle intégral dans toute histoire des sciences et des techniques

Côté flamand, le FWO, le fonds pour la recherche scientifique flamand, décerne lui aussi tous les 5 ans les Excellentieprijzen. Six chercheurs et chercheuses ont, là aussi, été primés dans des domaines comme l’algèbre, les semiconducteurs, la virologie, l’oncologie gynécologique, la philosophie et les politiques publiques. Chaque prix est assorti d’un chèque de 100 000 €.

02

Identifier les ARN viraux circulaires

Depuis la pandémie de COVID et la diffusion massive des vaccins à ARN messagers, nombre d’entre nous ont déjà entendu parler de ces molécules qui servent d’intermédiaire entre les gènes encodés dans l’ADN et leur traduction en protéines. Mais il existe en réalité toutes sortes d’ARN, aux fonctions très diverses. Les ARN circulaires (circARN), comme leur nom l’indique, forment une boucle, un peu comme si on avait noué les deux extrémités d’une corde, ce qui les rend plus stables, et donc augmente leur durée de vie. Il en existe quelques milliers au cœur de nos cellules, avec des fonctions bien définies, mais pas seulement : nombre de virus produisent également des circARN. Et si plusieurs études ont montré qu’ils jouaient un rôle important dans le cycle de vie des virus, ils sont encore mal connus. vCircTrappist, un outil de bioinformatique mis au point par des chercheurs de l’UNamur, va permettre d’identifier de façon sûre les circARN d’une large quantité de virus pathogènes, ce qui permettra de lever le voile sur la façon dont les virus communiquent et infectent nos cellules. Une étape importante, alors que plusieurs de ces virus sont à la source du développement de plusieurs cancers.

   Alexis S. Chasseur et al. PLOS Pathogens, 2025

    https://www.unamur.be/fr/newsroom/virologie-une-avancee-majeure-grace-un-outil-innovant-developpe-par-un-consortium-de

03

Notre cerveau a le sens du rythme

Poum Poum Tchak. Poum Poum Tchak. Scandez ce rythme à voix haute, et il y a fort à parier que vous penserez immédiatement à We Will Rock You, de Queen, et ce même si le rythme n’est pas exactement le même. Mais derrière cette prouesse ordinaire, quels sont les mécanismes à l’œuvre dans notre tête ? Une équipe de l’UCLouvain a montré qu’à l’écoute d’une chanson, notre cerveau, loin de suivre la structure rythmique de chaque musique, classe automatiquement chaque rythme nouveau dans une catégorie de rythmes similaires, et ce sans aucune intervention consciente du sujet. Et d’après les chercheurs, cette aptitude, présente dès la naissance, existerait chez le néophyte comme le musicien confirmé. Alors que certaines études montrent qu’il existe des structures rythmiques universelles basiques, partagées par toutes les cultures du monde, cette étude va permettre d’apporter des réponses sur la manière dont ces dernières sont ensuite façonnées par l’expérience, la culture, les mouvements du corps, et quelle plasticité cérébrale se cache derrière.

   Francesca M. Barbero et al. Science Advances, 2025

04

Les abeilles sauvages en danger

On le sait peu, mais la pollinisation des plantes à fleurs est assurée à près de 90% par des abeilles sauvages, comme les bourdons, les abeilles ­charpentières ou encore les osmies. Les 10% restants étant assurés par l’abeille domestique. Et malheureusement, ces abeilles sauvages, pourtant ­indispensables à notre survie, subissent de plein fouet le changement climatique, la ­destruction de leurs habitats naturels et ­l’agriculture intensive à coup de pesticides. D’après la nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à laquelle a participé des chercheurs de l’UMons, entre 30 et 40% des espèces d’abeilles sauvages de Belgique sont aujourd’hui menacées d’extinction. Si le constat est sombre, les entomologistes de l’UMons adressent un message d’espoir: dès la mise en place de mesures de protection, comme des zones fleuries, le soutien à l’agriculture ­bio­logique ou encore la préservation des haies donnent des résultats tangibles en quelques années seulement. Et c’est sans doute ça, le vrai Flower Power

05

Un grand pas pour la défense planétaire

Nous avons, parait-il, plus de chances d’être frappé par la foudre que par une météorite. Ces dernières, en plus d’être rares, sont réputées pour être imprévisibles. Mais cette dernière affirmation est de moins en moins vraie ! Le 12 février 2023, l’astéroïde 2023 CX1 a été détecté par une équipe de chercheurs, dont certains de l’ULiège. S’il mesurait à peine 1 m de diamètre, il pesait environ 650 kg ! Sa trajectoire a été calculée avec précision et, le 13 février 2023 à 02h59 UTC (temps universel), l’astéroïde a explosé au-dessus de la Normandie, en France, à 28 km d’altitude, libérant une centaine de fragments. Grâce au calcul ultra précis de son heure et lieu d’entrée dans l’atmosphère, les chercheurs du réseau FRIPON/Vigie-Ciel ont pu récupérer des météorites sur le sol, faisant par la même occasion de l’astéroïde 2023 CX1 le premier à avoir été à la fois étudié dans le ciel et sur Terre. Ces résultats impressionnants sont très importants pour la défense planétaire, afin de prévenir et évacuer les populations menacées de façon fiable et localisée.

   Aurian Egal et al. Nature Astronomy, 2025

   EN SAVOIR PLUS
Le réseau Fripon en Belgique,     https://fripon-be.aeronomie.be

06

Les éléphants protecteurs de l’ébène

En chantant «Ébène et Ivoire vivent ensemble dans une parfaite harmonie» en 1982, Paul McCartney et Stevie Wonder ne pensaient sans doute pas être si proches de la réalité. D’après une étude menée par une équipe de chercheurs de l’ULB autour de la réserve de faune du Dja au Cameroun, il semblerait que le braconnage des éléphants mette en danger la survie de Diospyros crassiflora, aussi nommée l’ébène d’Afrique, une essence précieuse emblématique qui produit ce bois noir si caractéristique, utilisé dans notamment dans de nombreux instruments de musique. Chassés pour leur ivoire, 86% des éléphants ont disparu de ces régions au cours des 3 dernières décennies. Or, ces derniers sont décrits par les chercheurs comme de véritables ingénieurs de leur environnement: en mangeant les pousses des arbres par exemple, ils contribuent à l’éparpillement des graines d’ébène via leur déjection. De plus, les crottes d’éléphants jouent un effet protecteur sur les graines, accélérant la germination et la pousse des arbres, et les protégeant contre les prédateurs. D’après les écologues, l’absence d’éléphants entraîne une réduction de 68% de la régénération de l’ébène, compromettant sérieusement la survie à long terme de cette essence.

   Vincent Deblauwe et al. Science Advances, 2025

07

En bref

Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que la résistance des bactéries à gram négatif aux antibiotiques reposait sur une couche protectrice, composée de peptidoglycanes. Une équipe de chercheurs de l’UCLouvain a mis en évidence que cette protection reposait en réalité sur un système bien plus vaste, fait de 3 enveloppes successives. Il s’agit d’un changement de paradigme majeur qui pourrait aboutir à la production de nouveaux antibiotiques.

   Michaël Deghelt et al. Nature M

 
À l’ULB débute le projet européen ZELDA, qui vise à renforcer l’immunité naturelle des plantes grâce à des molécules issues de la valorisation de la biomasse. Ces molécules, provenant des bioraffineries, alertent les cultures qui activent en retour leur système immunitaire. Ce dernier est alors actif et pleinement opérationnel lors de l’arrivée des pathogènes. Ce projet doit ainsi permettre une diminution de l’utilisation de pesticides.

    www.ulb.be

 
La taille d’un animal est un facteur clé de son écologie. Elle est cependant difficile à évaluer dans le cas des fossiles, alors qu’il ne reste parfois que quelques os. Une étude menée par les chercheurs de l’ULiège a ainsi pu établir des règles qui permettent désormais de calculer la longueur totale de reptiles marins vieux de plus de 100 millions d’années.

   Valentin Fischer et al. Biology Letters, 2025

 
Une équipe de chercheurs de l’UNamur, en collaboration avec l’Université de Stanford aux États-Unis, a mis au point un modèle de cristaux twistés, capables de dévier la lumière de manière contrôlée. Cette technique permet ainsi de piéger les photons, et de les rediriger, ce qui ouvre la voie à de nombreuses applications en photonique, notamment dans les ordinateurs quantiques ou les casques de réalité virtuelle.

   Nicolas Roy et al. Light : Science and applications, 2025

08

TUMO débarque à Liège

Après Erevan (son lieu de naissance), Berlin, Paris, et même Los Angeles, c’est au tour de Liège d’accueillir un centre d’apprentissage TUMO à la Grand Poste, dès le premier trimestre de 2026. Ces centres d’apprentissages sont dédiés à la formation des jeunes entre 12 et 18 ans aux technologies du numérique. Et ce, gratuitement ! Douze domaines d’apprentissage sont proposés, depuis la robotique jusqu’à l’intelligence artificielle générative en passant par les jeux vidéo, l’animation, la programmation ou encore la modélisation 3D. Le but est de proposer aux jeunes ces formations après l’école, ainsi que le samedi, dans des domaines porteurs d’avenir, de façon la plus ludique possible. Car si on entend souvent que les jeunes ne savent plus apprendre et se concentrer, il suffit de les regarder déployer des trésors de patience et d’inventivité lorsqu’ils jouent à un jeu vidéo ! La Région wallonne a mis 1,2 million d’euros sur la table pour financer ce centre de formation, qui vise la participation de 600 adolescent.e.s par semaine, et la formation de 1 500 jeunes par an. Les inscriptions sont ouvertes dès décembre de cette année.

09

Un carnet de vaccination numérique

En Wallonie et Bruxelles, la Vaccicard verra bientôt le jour. Il s’agit d’un carnet de vaccination numérique, et stocké dans un coffre-fort numérique régional. À l’heure actuelle, s’il est déjà possible d’accéder à certaines données de vaccination via le Réseau Santé Wallon, il est nécessaire que ces dernières y aient été enregistrées manuellement, par le médecin traitant par exemple. Désormais, la Vaccicard reprendra l’ensemble des données de vaccination éparpillées et détenues par les différents organismes, comme les pharmacies, la médecine du travail, l’ONE, les maisons de repos, ainsi que Vaccinnet+, la banque de données fédérale utilisée durant le COVID et qui doit disparaître en janvier 2026. Les données anonymisées permettront aux autorités de santé de réaliser des études statistiques concernant la couverture vaccinale de la population, et ainsi mieux sensibiliser la population à l’intérêt de la vaccination, améliorer les politiques en ce sens, et prévenir les futures crises sanitaires.

    https://www.wallonie.be/fr/actualites/les-donnees-de-vaccination-bientot-rapatriees-et-securisees-dans-la-vaccicard

10

Y a-t-il un pilote dans l’avion virtuel ?

Si les avions automatiques ne sont pas encore pour demain, Brussels Airlines a décidé de remplacer les simulateurs d’entraînements avec instructeur humain par un entraînement autonome à l’aide d’un casque de réalité virtuelle dans le cas des A320. Les pilotes bénéficient désormais d’un environnement immersif réaliste complet, qui leur permet d’interagir avec et d’être guidé durant les différentes procédures. D’après les instructeurs théoriques, les pilotes peuvent ainsi apprendre en autodidacte, de façon répétée, ce qui permet de construire une mémoire musculaire plus importante, et donc de gagner en confiance en situation réelle. Si pour l’instant le Virtual Procedure Trainer (VPT) est utilisé pour apprendre les procédures normales de vol, il va être progressivement amélioré pour apprendre les procédures dites anormales (qui reflètent une anomalie non-urgente), et être aussi étendu à d’autres avions comme les A330 et A350. Deux équipages ont déjà été formés grâce à ce dispositif, qui faisait figure de test. Il devrait bientôt être disponible pour l’ensemble des pilotes d’A320 de Lufthansa Group, propriétaire de Brussels Airlines.

    https://press.brusselsairlines.com/brussels-airlines-launch-customer-for-new-virtual-reality-pilot-training-within-lufthansa-group

11

Une première marketplace sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire est un des piliers de la transition écologique: consommer moins et mieux, en favorisant le recyclage et la réutilisation, si possible locale. Les entreprises sociales et circulaires membres de la Fédération RESSOURCES (Les Petits Riens, Livr’Ensemble, La Ressourcerie Namuroise, Droit et Devoir…), qui valorisent près de 7 000 tonnes de biens en seconde main chaque année, ont donc décidé de lancer un site regroupant l’ensemble des objets disponibles: LaRécup. Cette première marketplace sociale et solidaire de Belgique vise à concurrencer les géants du secteur, comme Facebook Marketplace et Vinted, en proposant des articles de qualité, soigneusement contrôlés par les vendeurs, et ainsi soutenir l’emploi local tout en réduisant les déchets. Les options de livraison et de click and collect sont déjà disponibles, et le catalogue de près de 43 000 articles devrait encore s’agrandir avec de nouveaux acteurs. LaRécup a été soutenue par le plan de relance de la Wallonie.  

12

Un nouveau portail de la biodiversité

On n’aime que ce qu’on connaît, et on protège ce qu’on aime. Pour une meilleure cohabitation des habitants de la Wallonie avec leur environnement, la Région Wallonne a inauguré un tout nouveau portail de la biodiversité. Celui-ci incarne une philosophie de cohabitation: apprendre à mieux connaître les espèces, adapter nos comportements et participer activement à leur sauvegarde. En plus d’informations complètes sur les espèces qui peuplent nos régions, depuis le retour du loup jusqu’à la gestion des espèces invasives comme le frelon asiatique, le nouveau portail entend s’adresser à l’ensemble de la société civile. On y retrouve en effet une base de données complète reprenant l’ensemble des projets liés à la biodiversité soutenus par la Région, comprenant les budgets, les participants, ainsi que les protocoles d’étude et les résultats obtenus. Il met également à la disposition des citoyens et acteurs de la nature un outil qui permet d’accéder facilement aux procédures administratives en lien avec la biodiversité. En outre, ce nouveau portail sera régulièrement enrichi dans les prochains mois par l’ajout de contenus et l’amélioration de l’accès aux données.

    https://biodiversite.wallonie.be

13

L’IMAGE DU MOIS

L’éthologue et primatologue Jane Goodall est décédée le 1er octobre 2025 à l’âge de 91 ans. Elle a révolutionné notre compréhension des grands singes, nous replaçant dans le même temps, nous humains, à notre juste place: à leurs côtés.  

    https://www.youtube.com/watch?v=lfLKHY52ERc

14

En bref

Un centre de performance Jacques Borlée ouvre au LégiaPark, sur les hauteurs de Liège. Boost by Borlée, du nom de cet entraîneur et ancien sportif de haut niveau, vise ainsi à proposer au public des techniques normalement réservées aux athlètes, comme la récupération en chambre hyperbare, l’oxygénation par hyperoxie ou encore la stimulation des ondes cérébrales alpha.

    https://www.boostbyborlee.com/

 
Les 29 pays de l’UE mettent en place l’EES, pour Entry/Exit Sytem. Destiné à remplacer les cachets sur les passeports, ce système enregistre désormais les empreintes digitales, un scan facial, les données du passeport et les dates d’arrivée et de départ des voyageurs des pays tiers. L’EES est destiné à améliorer la sécurité à l’intérieur de l’Union.

 

Le Conseil de la Publicité et de l’Influencer Marketing Alliance viennent de lancer un certificat destiné à devenir un label de qualité pour tous les influenceurs de Belgique. Il vise à sensibiliser ces derniers aux sujets de la publicité transparente, des règles publicitaires spéciales et de la responsabilité sociale sur les réseaux sociaux. Un participant doit obtenir au moins 70% à l’examen pour obtenir le certificat.

    https://conseildelapublicite.be/

 
L’UZ Brussel a réalisé une avancée majeure en traitant, pour la première fois, un patient souffrant de tachycardie ventriculaire (TV) grâce à l’ablation par radiothérapie stéréotaxique. Cette technique, jusque-là utilisée en oncologie, consiste à irradier précisément la zone problématique du cœur, sans nécessiter de chirurgie, et offre une alternative non invasive pour les patients réfractaires aux traitements classiques.

15

INTERVIEW

À la recherche d’une compréhension du Covid long

Primée lors de la finale belge du concours Ma Thèse en 180 secondes (MT180) 2025, Margaux Mignolet, qui effectue sa thèse à l’UNamur, traque les bases biologiques des symptômes de Covid long.

Pouvez-vous expliquer vos travaux ?

Ma thèse repose sur l’idée qu’il existe, dans le sang des patients atteint de Covid long, des constituants qui provoquent des effets neurologiques, comme les douleurs par exemple. Nous avons alors prélevé du sang de patients volontaires, pour en filtrer des molécules liées à l’immunité que l’on appelle les immunoglobulines G (IgG). Puis nous avons transféré ces molécules à des souris. Mon travail montre que les souris qui ont reçu les IgG éprouvent une sensibilité plus importante au niveau des pattes, ce qui confirme l’origine auto-immune de ces symptômes particuliers.

En savez-vous plus sur le mécanisme de fonctionnement ?

Lorsque nous avons transféré ces mêmes IgG préalablement désactivées à d’autres souris, aucun symptôme n’a été détecté. Cela confirme que les molécules activent un mécanisme bien particulier, mais que nous ne connaissons pas encore. Cependant, ainsi que le montrent nos travaux, celui-ci se situe sans doute au niveau des ganglions nerveux contenant les neurones sensoriels qui transmettent la douleur.

Comment avez-vous vécu le concours MT180 ?

C’était une expérience très enrichissante que je recommande à tout le monde ! C’est parfois très difficile d’expliquer le sujet de ses recherches à ses proches, de savoir jusqu’où on peut aller, et j’avais réellement envie d’en apprendre un peu plus sur la vulgarisation scientifique. Et puis présenter ce sujet devant un public m’a aussi appris beaucoup de choses.

Petra Manja (Dormir pour ne pas mourir, prix du public), Thomas Rouma (Comment se débarrasser d’un pique-assiette, 2e prix du jury) et Margaux Mignolet (Le monde de Dory l’anticorps, 1er prix du jury).

   EN SAVOIR PLUS
La présentation de Margaux Mignolet « Le monde de Dory l’anticorps » à MT 180:      https://www.youtube.com/watch?v=jQ39UNJLnyI

16

DATA

1 441 €

La plateforme interfacultaire ESPRIst-ULiège, en partenariat avec le centre d’expertise pour le budget et le bien-être financier Thomas More a établi le revenu de référence, soit le revenu minimum nécessaire pour participer pleinement à la société en Belgique. Il s’agit d’une limite inférieure pour les familles qui vivent dans un logement de qualité, dans une zone facilement accessible par les transports publics, dont tous les membres sont en bonne santé et qui possèdent les connaissances et les compétences nécessaires pour gérer économiquement le budget familial. Il s’élève à 1 441 euros pour une femme célibataire sans enfants, mais une famille monoparentale avec un enfant a besoin d’un minimum de 2 077 euros et un couple avec 2 enfants en pleine croissance, de 2 911 euros.

    https://www.budgetsdereference.be/

17

COUP D’CRAYON

   Vince • vincent_dubois@me.com

«Tiens, une sandale…» Si cette phrase peut sembler banale dans la bouche de n’importe qui face à un objet abandonné sur le bord d’un sentier, il en va tout autrement lorsqu’elle est prononcée par un ornithologue, suspendu par une corde à plusieurs centaines de mètres d’altitude, à la recherche de nids de gypaètes barbus dans le sud de l’Espagne. Les nids de cette espèce de vautours ont été habités durant plusieurs siècles avant d’être désertés il y a une centaine d’années, et les biologistes y ont trouvé quantité d’objets humains dont certains datent du Moyen Âge, et qui ont sans doute été utilisés à des fins de construction. L’inventaire de leurs trouvailles compte par exemple un carreau d’arbalète, une peau de mouton peinte, et… une sandale, vieille de plus de 750 ans, faite de fibres végétales et parfaitement conservée dans les conditions particulières d’humidité de la grotte qui abrite ces nids. Une question cependant demeure sans réponse: quelle tête a fait la personne qui s’est fait chiper une sandale par un vautour de 3 mètres d’envergure ?!

   Antoni Margalida et al. Ecology, 2025

   https://doi.org/10.1002/ecy.70191 et
  https://www.nationalgeographic.com/animals/article/vulture-nest-was-hiding-a-650-year-old-shoe

Share This