Qui est-ce?

Émilie STEINBACH

Jacqueline REMITS • jacqueline.remits@skynet.be

© Astrid di Crollalanza

 
Je suis…

Docteure en biologie intégrative et neuroscientifique belge spécialisée en nutrition vivant à Paris et bientôt de retour à Bruxelles. Je m’intéresse à l’impact de notre mode de vie, par exemple de ce qu’on mange, sur notre cerveau et notre bien-être. Je suis de nature très curieuse et passionnée, des qualités que l’on retrouve souvent chez les scientifiques. Ma curiosité m’a poussée à me poser de nombreuses questions et à essayer de trouver des réponses. Et les sciences, c’est quand même pas mal pour ça ! Enfant, j’étais passionnée par les volcans, la météo… Je viens d’un milieu plutôt intellectuel. Ma mère, d’abord traductrice polyglotte, a repris la direction d’une maison d’accueil pour jeunes mamans en difficultés. Elle était fort ambitieuse pour ses 4 filles. Mon père, banquier, qui lit énormément, est aussi très sportif. Il nous a poussées, mes sœurs et moi, à bouger. Petites, on jouait du piano, on lisait beaucoup, on n’avait pas le droit de regarder la télévision. J’ai reçu mon premier téléphone à 16 ans ! Ma personnalité forte s’explique, entre autres, par le fait que j’ai une sœur jumelle. Chacune de nous a dû apprendre à se faire une place unique, à exister individuellement. En fin de compte, je suis la somme de mon éducation, de l’amour de mes parents et de mes 3 sœurs, de mes amis, et de l’amour de ma vie. 

Pour mes études, j’ai d’abord eu envie de devenir archéologue, géologue… Mais mes professeurs à l’école disaient que je ne devais pas aller à l’université à cause de mon trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Après mes études secondaires à l’Institut de la Vierge Fidèle à Bruxelles, en 2011, j’ai entrepris des études de psychologie clinique à l’Institut Marie-Haps à Bruxelles. Puis, je me suis tournée vers la santé, sans doute à cause de mon histoire personnelle. J’ai commencé des études pour une carrière en sciences. En 2015, j’ai décroché un diplôme en neuro-nutrition au S.I.I.N. (Scientific Institute for Intelligent Nutrition) à Paris. En 2016, j’ai suivi un master en neuropsychologie à la Maastricht University et en 2017 un double master en neurosciences à l’University College de Londres. Le tout complété par un doctorat en biologie intégrative à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et à l’Université de la Sorbonne à Paris. Cela m’a permis de découvrir beaucoup d’aspects de la physiologie humaine, pas que le cerveau.

En 2024, j’ai créé mon entreprise Feed Your Brain, et je peux en vivre, ce dont je suis fière. Je donne des conférences, principalement en entreprises. Aujourd’hui, j’essaie de transmettre mes connaissances de manière accessible à un public non-scientifique, notamment sur Instagram. Je pense que le choix de ma carrière a été fait dans cette recherche d’un métier qui aurait un réel impact positif sur les gens.

À cette époque…

Ma préoccupation pour le réchauffement climatique a certainement contribué à me pousser vers les sciences, car les sciences sont porteuses d’espoir.

J’ai découvert…

J’ai choisi d’entreprendre une thèse sur le microbiote intestinal (l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans l’intestin). Dans ce champ d’études, j’allais pouvoir intégrer différents organes et paramètres du mode de vie. Cela m’intéressait beaucoup. J’ai choisi l’obésité comme maladie sur laquelle me concentrer pendant 4 ans. C’est une maladie complexe et multifactorielle et l’étudier sous l’angle du microbiome m’a permis d’étudier la santé dans sa globalité.

Aujourd’hui, docteure en biologie intégrative, je découvre un nouveau champ dans la recherche médicale. Je m’intéresse à la communication entre les organes. Par exemple, comment se fait la communication entre l’intestin et le cerveau, entre notre organisme et notre microbiote intestinal, ou même l’environnement ? L’axe intestin-cerveau est très important. L’alimentation impacte notre cerveau de 2 façons. De manière indirecte par le microbiote intestinal (ou l’inflammation de bas grade), et de manière directe avec les nutriments que nous mangeons et qui vont faire leur chemin par la circulation jusqu’au cerveau. Par exemple, les acides gras omégas-3 vont s’incorporer dans de petites cellules du cerveau et jouer certaines fonctions. Ces molécules sont importantes pour le bon développement du cerveau.

Saviez-vous que…

Parmi les difficultés qui ont permis à Émilie de devenir la femme qu’elle est aujourd’hui, il y a, entre autres, son combat contre le TDAH (trouble de l’attention avec hyperactivité). «À l’école, on m’avait déconseillé d’entreprendre des études universitaires. Si, adolescente, je n’avais pas été bien suivie et si je n’avais pas eu les parents que j’ai, des parents très impliqués dans notre éducation, je ne pense pas que j’aurais survécu. Cela a été très dur. Aujourd’hui, je considère que c’est plutôt une force. Mon autre combat, personnel celui-là, était de me prouver que j’avais les capacités de faire ce que je voulais.» Son moteur ? «Relever des challenges et répondre à des questions auxquelles personne ne peut encore répondre. Quand on trouve, on acquiert de nouvelles compétences, de la fierté, et ça booste la confiance en soi.»

Émilie est adepte d’une alimentation peu ou pas du tout transformée, en particulier du régime méditerranéen crétois, reconnu par la littérature scientifique pour améliorer l’humeur, prévenir le déclin cognitif ou gérer son poids tout au long de sa vie. «C’est un régime optimal. On mange beaucoup de légumes, des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, des céréales complètes…), des poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, harengs, truites- arc-en-ciel…), de l’huile d’olive, un peu de fromage, des fruits, une petite poignée de noix par jour.»

Selon elle, l’un des piliers les plus importants du mode de vie, c’est le sommeil. «Le sommeil est crucial pour la santé de notre cerveau. Il permet en quelque sorte de nettoyer le cerveau, d’améliorer la créativité, la mémoire.» Autres piliers de la santé, «la nutrition et l’activité physique. Se muscler permet de lutter contre le déclin cognitif, de gérer le stress. Les connexions sociales sont également très importantes».

Bien que vivant à Paris, Émilie n’est jamais loin de sa famille à Bruxelles. «Nous sommes une famille très proche, aujourd’hui on s’appelle encore tous les jours.» Elle a ses petits rituels, le sport, la méditation, des moments de solitude. «J’essaie souvent de quitter le travail tôt, avant 19 heures. J’ai fait le choix de m’offrir aussi une vie privée.» En bonne Belge, elle adore faire la fête. «J’ai une bande d’amis avec qui j’adore sortir, j’aime retrouver mes copines. J’essaie d’être un rayon de soleil pour les personnes que je rencontre.»

 

Carte d’identité

Naissance 

8 décembre 1992 (Bruxelles,  Belgique)

Nationalité

Belge

Situation familiale

Mariée

Diplôme 

Bachelier en psychologie clinique à  l’Institut Marie-Haps à Bruxelles;  diplôme en neuro-nutrition au  S.I.I.N. à Paris; master en  neuropsychologie à l’Université de  Maastricht; double master en  neurosciences à l’Université Collège  de Londres; doctorat en  microbiologie intégrative et  nutrition à l’INSERM, Université de la Sorbonne à Paris

 

Champs de recherche 

Neurophysiologie du sommeil,  biologie des mitochondries,  microbiome intestinal, nutrition et obésité.

Distinctions 

Lauréate du prix de la  communication orale, MSSG x  AFERO (2023); Ambassadrice des sciences de Bruxelles (2023);  Women Award in  Technology and Sciences  d’Innoviris, Bruxelles (2023);  Women in Tech, Startup  accelerator by Google 

 

   Plus d’infos

    www.feedyourbrain.io

    www.instagram.com/thebraingutscientist/

Emilie Steinbach vient de publier un livre, Votre santé optimisée, 320 pp., chez Marabout, le  5 mars en librairie.

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