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Thibault GRANDJEAN • grandjean.thibault@gmail.com

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Des PFAS dans les aliments de base

Jusqu’à présent, la chasse au PFAS concernait avant tout l’eau potable. Ces molécules, que l’on appelle per- et polyfluoroalkylés, sont des éléments très prisés par les industries pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes, ainsi que pour leur résistance aux fortes chaleurs.

Cette stabilité, conférée par une liaison carbone-fluor, la plus solide en chimie, est aussi la source de leur surnom: les polluants éternels. En effet, ces molécules se retrouvent dans l’environnement, les nappes phréatiques et la chaîne alimentaire, en raison de leur extrême résistance à la dégradation. Ils peuvent ainsi persister des années, voire des siècles dans l’environnement, s’accumulant alors dans certains organismes. Cette pollution est un problème d’autant plus grand que les PFAS sont considérés comme des cancérigènes et perturbateurs endocriniens, avec des effets sur la fertilité humaine et le développement du fœtus.

Mais alors qu’il existe probablement 7 millions de PFAS, il en est un qui fait de plus en plus parler de lui: l’acide trifluoroacétique, ou TFA. Il s’agit en quelque sorte du premier d’entre eux, une petite molécule avec une seule liaison carbone-fluor, et que l’on retrouve non seulement dans les cours d’eau et les lieux pollués aux PFAS, mais également dans l’alimentation.

En effet, d’après une étude publiée par le Réseau d’Action contre les Pesticides PAN Europe, ce dernier se retrouve en quantité problématique dans 54 de 66 produits de consommation courante achetés dans 16 pays européens. Céréales du petit déjeuner en provenance d’Irlande, pâtes italiennes, pain d’épices, baguette française, mais aussi pain complet et cramiques belges… Tous ces produits à base de céréale de blé présentent des quantités problématiques de TFA, avec en moyenne 78,9 µg/kg de TFA, et des pics atteignant 360 µg/kg. Or, la limite par défaut pour cette molécule, en l’absence de réglementation européenne, se situerait à 10 µg/kg.

Pour rappel, ces chiffres sont plus de 170 fois supérieurs à la concentration du TFA mesurée dans l’eau potable ! L’ampleur de cette pollution fait dès lors dire à PAN Europe que l’alimentation est la première voie d’exposition au PFAS, loin devant l’eau du robinet.

Plusieurs inconnues restent cependant en suspens. En effet, le blé est la céréale testée la plus contaminée, devant le sarrasin ou le riz notamment. Les auteurs de l’étude avancent 2 hypothèses: les pesticides sont peut-être plus fréquemment utilisés pour cette céréale, ou cette dernière a une capacité d’absorption supérieure aux autres, stockant la molécule toxique au sein des cellules de la plante.

Avec cette étude, L’organisation espère ainsi tirer la sonnette d’alarme sur l’utilisation des pesticides. En effet, le TFA est non seulement un PFAS utilisé par l’industrie, mais aussi un produit de dégradation de certains pesticides, comme le Flufenacet. PAN Europe demande dès lors l’interdiction des pesticides à base de PFAS, qui représentent 12% des substances actives des pesticides de synthèse autorisées dans l’UE.

Car si l’on parle aujourd’hui des céréales, nul doute que d’autres cultures sont également touchées. En avril dernier, l’organisation avait déjà publié un rapport mettant en garde sur la pollution au PFAS présente dans les vins européens. Tous les vins récents testés montraient une contamination aux PFAS, là encore avec des niveaux très problématiques. Et cette étude montre également que les PFAS sont un problème récent: le TFA n’a pas été détecté dans les vins datant d’avant 1988. Un fardeau de plus pour les générations futures.

    https://www.pan-europe.info/

02

Quand les mots font la pensée

L’évolution des mots fait plus que nous dire d’où l’on vient. Elle raconte aussi la manière dont on pense. En japonais moderne, le verbe kikoeru dénote une perception auditive involontaire. Mais au 10e siècle, ce verbe se prononçait «kikoyu» et signifiait entendre, avant de prendre le sens de «comprendre» au 13e siècle, puis «être convaincu» au 17e siècle. Un peu comme notre «je vois» pour signifier «je comprends» en français. En étudiant ce glissement sémantique, une étude de l’ULiège met en lumière la façon dont notre cerveau transforme nos expériences sensorielles en représentations mentales plus complexes. D’abord limité à une «compréhension approximative» liée à ce qui est entendu, le sens du mot se généralise à toute forme de compréhension, puis se concrétise en une certitude ou conviction, ce qui reflète parfaitement le cheminement mental à l’œuvre dans notre tête lorsque nous entendons un son. Cette étude montre ainsi que la linguistique est capable de révéler les principes cognitifs universels qui façonnent notre langage.

   Yoshitake D., Synergy, 2025

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Un ancien réchauffement climatique

Il y a 56 millions d’années a eu lieu un réchauffement climatique intense de 5 à 8 °C. Étalé sur une période de 10 à 20 000 ans et appelé Maximum Thermique du Paléocène-Éocène (MTPE), il serait à l’origine d’une grande reconfiguration des mammifères, et de l’apparition des mammifères placentaires dont nous faisons partie. Bien que beaucoup plus progressif que notre réchauffement actuel, il joue un rôle important dans notre compréhension du cycle du carbone de la Terre. Mais une étude menée par une équipe de l’UNamur, via des fouilles effectuées dans le sud de la France, tend à montrer qu’un réchauffement de 2 °C, préalable au MTPE, serait en réalité à l’origine des profonds changements qui ont touché les mammifères, et que ceux-ci auraient migré ensuite depuis le continent américain vers l’Europe grâce à des corridors verts en Arctique. Les chercheurs montrent ainsi que même un bref réchauffement climatique, d’une amplitude similaire à notre situation actuelle, est à même d’avoir d’immenses répercussions au sein des mammifères européens.

   R. Tabuce et al. PNAS, 2025

L’Artocyon, ce mammifère ayant vécu au Paléocène, faisait à peu près la taille  d’un gros chien.

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L’expertise de l’UMons en technologies propres

L’UMons s’est associée avec l’Université de Vasaa en Finlande pour porter le projet Cleantech4Wallonia & Vaasa (C4W), un financement majeur du prestigieux programme européen MSCA-COFUND. Ce projet C4W permettra aux 2 universités de structurer un programme commun associant recherche scientifique, mobilité internationale et partenariats industriels dans des domaines liés à la décarbonation, la transition énergétique et la durabilité. Vingt-cinq bourses postdoctorales dans les technologies propres seront ainsi financées grâce à ce programme, dont 15 à l’UMons. ENGIE, Holcim, Comet, Vanheede Environment ou encore le centre de recherche européen Tecnalia font partie des partenaires qui accueilleront les futurs étudiants lors de leurs périodes de mobilité. Les chercheurs postdoctorants bénéficieront notamment d’une formation dédiée et d’un environnement interdisciplinaire favorisant la mise en œuvre de projets cleantech avec une démarche entrepreneuriale, visant à créer de nouvelles entreprises ou à transférer les résultats de recherche aux partenaires industriels. 

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Arachno maxima

On décrit volontiers les araignées comme solitaires, tapies dans les anfractuosités sombres d’un mur ou d’une grotte. Quelle n’a pas été la surprise d’une équipe de scientifiques, dont plusieurs de l’ULB, lors de la visite d’une grotte sulfidique à la frontière entre l’Albanie et la Grèce. Ils y ont découvert une toile d’araignée de près de 100 m² où vivent… plus de 110 000 araignées ! Et les surprises ne font que s’accumuler. Cette toile abrite près de 69 000 tégénaires domestiques (Tegenaria domestica), une espèce commune dans toute l’Europe et que l’on trouve aussi chez nous, mais plutôt solitaire et prédatrice. Et les 42 000 restantes ? Des araignées dénommées Prinerigone vagans, et habituellement proies des premières ! Or, ici, tout ce petit monde cohabite, notamment grâce à une source inhabituelle d’énergie: un ruisseau sulfidique à la surface duquel se multiplient des bactéries qui oxydent l’hydrogène sulfuré, et qui nourrissent des larves de chironomes. Une fois adultes, ces dernières deviennent des petits moustiques à leur tour consommés par les araignées. Cette étude remet en question les connaissances actuelles sur le comportement social des araignées et souligne la nécessité d’une protection de Sulfur Cave, seul endroit connu au monde à héberger une telle toile coloniale multispécifique. 

   I. Urák et al, Subterranean Biology, 2025

   VIDÉO: Oserez-vous regarder ?
   https://www.youtube.com/watch?v=_DDcZS0iAV0

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L’origine du chat en Europe

On sait depuis longtemps que le chat domestique descend du chat sauvage africain Felis lybica lybica, mais son origine exacte et les voies de dispersions sont longtemps restées un mystère pour les chercheurs. Le récit communément admis retraçait l’arrivée du chat en Europe durant le néolithique, il y a plus de 7 000 ans, et racontait l’histoire d’un animal venu vers l’homme en raison des souris qui pullulaient autour des premiers greniers à grain. Mais une étude internationale, à laquelle le muséum de Sciences Naturelles a participé, et grâce à des ossements découverts à Bruxelles, révèle que cette domestication daterait en réalité d’il y a à peine 2 000 ans ! Plus précisément, le chat domestique européen ne descend pas des chats qui auraient accompagné les agriculteurs du Moyen-Orient, mais de populations plus tardives d’Afrique du Nord. Cette venue en Europe se serait faite en plusieurs vagues, depuis différents lieux, et coïncide notamment avec des périodes d’intensification du commerce en Méditerranée. Les chats embarquaient probablement sur les navires comme chasseurs de souris efficaces à bord des bateaux transportant du grain et d’autres cargaisons, mais aussi sans doute comme animaux appréciés pour leur valeur religieuse et symbolique.

   M. De Martino et al. Science, 2025.

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En Bref

Une étude menée par une équipe de l’ULB, et destinée à ajuster les estimations des sources et des puits de CO2 naturels et anthropiques a été publiée dans la revue Nature. Elle établit notamment que l’océan pompe 15% de CO2 en plus par rapport au puits continental, qui a été surestimé, notamment en raison de la surexploitation des sols et de la déforestation.

   P. Friedlingstein et al. Nature, 2025

 

L’UNamur a créé le SPiN (Science & Philosophy in Namur), un nouveau centre de recherche interdisciplinaire engagé, et qui interroge la place des sciences dans la société. Il cherche ainsi à développer une réflexion critique et accessible sur les sciences. Au menu: le rapport entre sciences et pseudosciences, le réductionnisme dans les sciences, ou encore le perspectivisme.

    unamur.be

 

Des chercheurs de l’ULiège ont réalisé un essai clinique virtuel explorant un traitement à base de substances psychédéliques comme le LSD chez des patients qui présentent des troubles de la conscience après un coma. Leurs simulations montrent que ces substances pourraient, chez ces patients, rendre la dynamique cérébrale plus complexe et plus proche d’un état conscient.

   L. Alnagger et al. Advanced Science, 2025

 

Selon un rapport de l’Institut Wallon de l’Évaluation, la Prospective, et de la Statistique (IWEPS), la Wallonie souffre de disparités importantes en matière de santé mentale, avec des communes cumulant des besoins élevés et une offre limitée. En plus de pistes d’actions, le rapport propose un tableau de bord interactif permettant de visualiser les données pour chaque commune.

    https://apps.iweps.be/sante-mentale-wallonie/

    https://www.iweps.be/podcast-de-liweps/

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Remonter à la (bio)source

Les matériaux de construction biosourcés ont le vent en poupe en Wallonie, et les entreprises qui développent ces matériaux se développent à toute vitesse. À Fernelmont, dans la région de Namur, l’entreprise Isohemp vient d’inaugurer une usine de recyclage de béton de chanvre. Baptisée Recyhemp, l’usine va pouvoir reproduire des briques de béton de chanvre à partir des déchets de chantiers. Ce béton, fabriqué à partir de chènevotte (partie ligneuse de la tige de chanvre) et de chaux naturelle, permet d’isoler les bâtiments de façon écologique, avec des performances à la fois thermiques et acoustiques supérieures à des isolants classiques comme la laine de verre. Ils sont en outre ignifuges, et permettent de stocker durablement du carbone dans l’isolation des bâtiments. Et, en plus du chanvre, la Région wallonne reconstruit également la filière de la laine de mouton, qui peut aussi servir d’isolant biosourcé dans nos habitations. 45 tonnes de laine ont été récoltées en Wallonie cette année, qui sont ensuite transformées en plaques d’isolants locales, via l’entreprise Woolconcept.

    https://www.isohemp.com/fr

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Une balise NFC biodégradable

D’ici 2027, l’Union européenne va introduire le Digital Product Passport, un outil qui permettra aux consommateurs de tracer le produit qu’ils achètent: l’origine de ses ingrédients et composants, leur empreinte environnementale, et ses conditions de recyclage. Cet outil doit concerner en priorité les cosmétiques, avant de s’étendre progressivement à tous les objets vendus dans l’UE. Mais pour que ce dispositif soit effectif, il est nécessaire que chaque produit dispose d’une étiquette munie d’une puce RFID, lisible via un smartphone, qui contient toutes ces informations. Autant de déchets électroniques, chargés en plastiques et métaux lourds, qu’il sera difficile à éliminer. L’entreprise Ma Balise a développé pour cela une solution biodégradable: une étiquette NFC et RFID sans plastique ni métaux, et où de l’encre conductrice vient jouer le rôle d’antenne. Selon l’entreprise, 99% de l’étiquette est ainsi biodégradable, et même compostable. Le tout, avec la même portée de lecture et la même fiabilité de transmission qu’un étiquetage classique. L’innovation de Ma Balise a remporté plusieurs prix de durabilité à l’international.

    https://mabalise.be/

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Une maison low-tech en Belgique

Peut-être avez-vous suivi L’appart du futur sur Arte. Cette petite série retrace les aventures d’un couple franco-belge qui a décidé de tester la possibilité de vivre dans un appartement en région parisienne avec le moins de technologie possible. Le but de l’expérience était de tester l’efficacité de solutions dites low-tech, afin de diminuer tant que possible l’impact de nos modes de vie sur la planète. Si cela vous attire, rendez-vous à l’institut de zoologie à Liège. La coopérative Hellow, qui fabrique des tiny houses clés en main en Belgique, vient d’y installer un habitat modulable en collaboration avec l’ULiège, Valbiom, Gramitherm et la Menuiserie Riche, afin de tester les différentes solutions proposées par la maison du futur. Au programme: isolation biosourcée, réseau électrique 12V, douche brumisante, chauffe-eau solaire, rameur machine à laver, et culture de pleurotes ! Grâce à des visites guidées et des ateliers, cette expérimentation grandeur nature est disponible à tous ceux qui souhaitent vivre davantage en accord avec la planète. Et si vous êtes curieux et bricoleur, toutes les informations techniques de l’expérience française sont disponibles à l’adresse ci-dessous.

    https://biosphere-experience.org/biosphere-urbaine/

    https://hellow.coop/

    https://www.rejouisciences.uliege.be/cms/c_20472047/fr/low-tech-studio-une-immersion-dans-un-futur-durable

Vers l’émission «l’appart du futur» – ARTE :
   https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027056/l-appart-du-futur/

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Un wilder park en Wallonie

Les parcs nationaux sont de véritables trésors de biodiversité, qui rendent à la planète et à la société humaine d’immenses services écosystémiques. Il est donc important de les protéger contre l’influence humaine. C’est pourquoi le Parc National de l’Entre-Sambre-et-Meuse a été sélectionné, avec 9 autres parcs naturels européens, par l’ONG Rewilding Europe pour servir de démonstration de renaturation. Au sein de ces parcs, l’ONG souhaite accélérer le rétablissement des écosystèmes en appliquant les différents principes du réensauvagement: laisser la forêt se régénérer naturellement, développer des prairies naturelles afin d’accueillir des herbivores sauvages, laisser sur place le bois mort et les carcasses d’animaux, supprimer les clôtures ou encore laisser plus de place aux régimes de feux naturels. Si ces 10 parcs doivent servir de vitrine au réensauvagement de l’Europe, 20 autres parcs doivent rejoindre l’initiative en 2027 pour un total de 790 000 hectares concernés. Au total, les parcs naturels européens englobent 62 millions d’hectares, répartis sur 29 000 sites.

    https://rewildingeurope.com/

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Une plateforme pour les essais cliniques

Pour tester de nouvelles molécules ou des traitements prometteurs, l’essai clinique est un passage obligé. Il permet, une fois passés les tests de toxicité, d’évaluer l’efficacité des traitements futurs sur de grandes cohortes de patients, et ainsi mieux repérer les potentiels effets secondaires, par exemple. Les patients qui y participent peuvent alors bénéficier d’un traitement médical de pointe. Seulement voilà: il existe des centaines d’essais cliniques chaque année pour quantités de maladies, et les médecins ne peuvent matériellement pas se tenir au courant de leur existence, pour en faire profiter leurs patients. The Patient Voice Database, une plateforme dédiée mise en place par la start-up CureWiki et l’Expert Patient Center, vient de voir le jour. Elle permet à tous les patients de s’y inscrire, et ainsi de se voir proposer des essais cliniques auxquels ils sont potentiellement éligibles. Les patients peuvent alors choisir eux-mêmes les essais auxquels ils souhaitent participer, en accord avec leur médecin. The Patient Voice Database est un projet pilote, avant un déploiement à l’international. Près de 16 000 patients se sont déjà inscrits.

    https://www.thepatientvoicedatabase.org/fr

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L’IMAGE DU MOIS

Cette carte représente l’ensemble des routes romaines cartographiées à ce jour, à l’apogée de l’Empire romain en 150 apr. J.C. 300 000 km de voies sont répertoriées, et chacun peut planifier son voyage sur le site… À condition de connaître son latin ! 

    https://itiner-e.org/

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En Bref

Depuis octobre dernier, l’application Mygov, disponible sur smartphone et par laquelle il est déjà possible de télécharger plusieurs certificats comme les attestations d’état civil ou les données du permis de conduire, permet également d’accéder à une carte d’identité numérique. Attention, celle-ci n’a pas encore de valeur légale, pour voyager par exemple.

 

Selon un constat mené par Bruxelles environnement et Natagora, le nombre d’espèces d’oiseaux nicheurs est resté pratiquement stable depuis l’Atlas de 2000-2004. Mais ce chiffre rassurant cache en réalité de grandes disparités, avec une grande diminution de la linotte mélodieuse ou de la fauvette grisette, et une progression des oiseaux aquatiques, grâce à une amélioration de la qualité de l’eau.

    https://press.environment.brussels/bruxelles-un-nid-en-mouvement

 

La ville de Namur va devenir une vitrine des possibilités qu’offrent la 5G en ville. Grâce au plan de relance de la Wallonie, le projet Namur Smart City vise à disposer dans la ville des caméras, des capteurs météorologiques et des capteurs de nuisance sonore, afin de tester 3 cas d’usages: visualisation en temps réel des places de parking disponibles, détection des flux de mobilité douce (piétons, cyclistes) et des incivilités, et mesure du bruit, de la qualité de l’air et des conditions météo locales.

 

Le projet HECO2 du centre de recherche Materia Nova de Mons propose une solution innovante pour produire de l’hydrogène sans émission de CO2 : provoquer la plasmalyse du méthane, afin d’obtenir du carbone solide d’une part, et de l’hydrogène d’autre part. Et plutôt que des gisements off-shore, le projet prévoit d’utiliser le méthane provenant de la biométhanisation, ou encore du grisou contenu dans les mines wallonne.

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INTERVIEW

La biologie synthétique dans les biberons

Le prestigieux concours international de biologie synthétique IGEM a décerné une médaille d’or à l’équipe de l’UCLouvain, pour leur projet SyntcoLab, qui ambitionne d’améliorer la composition du lait maternisé. Rencontre avec le fondateur du projet, Pierre Fievet.

 Pouvez-vous nous présenter le concours IGEM ?

L’IGEM est un concours de biologie synthétique, c’est-à-dire d’ingénierie biologique, et ce au service d’une grande cause sociétale. Le but du concours est de proposer une avancée à mi-chemin entre le développement de nouvelles connaissances et les sciences appliquées avec un produit bien défini.

 Quel est le projet que vous avez promu ?

Le problème que nous cherchions à résoudre est le suivant: le lait maternel contient des petits sucres, dénommés HMO, de l’anglais Human Milk Oligosaccharides, qui ont une importance cruciale à la fois dans le développement de la flore intestinale, des systèmes immunitaires et nerveux. Malheureusement, et alors que ces sucres sont très variés, avec plus de 200 types répertoriés dans le lait maternel humain, le lait maternisé n’en contient que 6, en raison des procédés industriels complexes actuellement en place. Nous avons donc proposé un système innovant, capable de produire beaucoup plus facilement différents HMO.

 Comment cela fonctionne-t-il ?

Nous avons utilisé une bactérie considérée comme sans danger pour la santé humaine, S. thermophilus, qui sert par exemple à la fermentation du lait en yaourt. Nous avons ensuite modifié son code génétique de sorte à créer plusieurs souches. Ces dernières deviennent alors interdépendantes, et produisent ensemble les HMO désirés, sans risque d’épuisement des bactéries. Et alors que généralement la biologie synthétique travaille avec des bactéries comportant des molécules délétères, comme E. coli, notre projet démontre qu’il est possible de produire quantité de molécules complexes via un système sûr pour la santé humaine.

 

   EN SAVOIR PLUS :

    https://2025.igem.wiki/uclouvain/index.html

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DATA

197

C’est un scandale sanitaire qui illustre les difficultés que rencontrent les couples ayant recours à des donneurs de gamètes, en raison notamment du faible nombre de donneurs. Selon une enquête menée par un consortium de journalistes d’investigation, une entreprise danoise, l’European Sperm Bank (ESB) a livré depuis 2008 les gamètes mâles d’un donneur danois porteur, à son insu, d’une mutation génétique entraînant un risque élevé de cancer précoce. Au moins 197 enfants seraient nés de ce don de sperme, dont 52 en Belgique. La loi belge, qui prévoit que le sperme d’un même donneur ne peut être utilisé qu’à 6 reprises, n’a pas été respectée. Or, chaque enfant conçu avec ces gamètes a 50% de chances d’être porteur de cette mutation. Les recherches, qui se poursuivent pour identifier les enfants nés de ce don sont complexifiées par le fait que la Belgique a longtemps servi de «terre d’accueil» pour les couples interdits de FIV dans leur propre pays.

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COUP D’CRAYON

   Olivier Saive

On sait aujourd’hui que la contagion affective est un phénomène largement répandu chez quantité d’êtres vivants, depuis les grands mammifères jusqu’aux poissons zèbres. En revanche, on ignorait si un tel phénomène existait chez les invertébrés… jusqu’à aujourd’hui ! Une équipe de chercheurs a mené une expérimentation originale, à base de fleurs de couleurs différentes et de récompenses. Elle a ainsi montré que les bourdons qui avaient eu des contacts, même brefs, avec des congénères dans un état affectif positif, abordaient ensuite les fleurs de couleur ambigüe avec davantage d’optimisme. De plus, un simple contact visuel suffirait à effectuer ce transfert de «biais de jugement positif». Les chercheurs voient là «un moyen pour tous les animaux de s’adapter à leur environnement». Puisque les bourdons peuvent être de bonne humeur, reste à savoir si ces derniers peuvent également avoir le bourdon, ou si cette expression a du plomb dans l’aile.

   J. E. Romero-González, Science, 2025

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