WALL'INNOVE TOUR

WALL’INNOVE
TOUR : arrêt sur ORDITECH

Jacqueline Remits • jacqueline.remits@skynet.be

jannoon028/Freepik + photomontage, QasimN /Pixabay

 
Il était une fois…

La société Orditech a été créée en 1996 à Tournai. En quelques années seulement, elle se développe et engage une dizaine de personnes. Peu à peu, elle se spécialise dans la fourniture d’infrastructures informatiques clé sur porte. En 2010, elle devient certifiée Microsoft Gold Partner. Un an plus tard, elle change de main par Management Buy Out (MBO). Cette opération de rachat d’une entreprise par ses managers ou ses salariés est réalisée par Laurent Guelton, jusque-là gérant indépendant, actuel administrateur-délégué, et Cédric Berte, ancien directeur technique, depuis lors directeur général. Associés, ils poursuivent la voie ouverte par les fondateurs, Philippe Luyten et son épouse. Aujourd’hui, Orditech représente un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, emploie 30 personnes et compte 120 clients en contrat de maintenance. 

  

  

CARTE D’IDENTITÉ 

CRÉATION : 1996

SIÈGE SOCIAL :
Rue de la Terre à Briques, 29B,
7522 Tournai

SECTEUR D’ACTIVITÉS:
infrastructures informatiques

MEMBRES DE L’ÉQUIPE :
30



CONTACT : 

069 67 25 20

     info@orditech.be

   www.orditech.be

…l’envie d’innover

Orditech s’est spécialisée dans la lutte contre les cybercrimes. L’entreprise tournaisienne est le seul Microsoft Gold Partner wallon du leader mondial de la cybersécurité, Fortinet. Cette multinationale américaine conçoit et commercialise des logiciels, équipements et services de cybersécurité comme les pare-feu, anti-virus, systèmes de prévention d’intrusion et de sécurité des terminaux. «Cette certification n’est délivrée qu’aux entreprises ayant atteint un certain chiffre d’affaires et dont les opérateurs disposent d’un certain nombre de certifications, notamment techniques, renouvelées tous les 2 ans», souligne Laurent Guelton. Car pour contribuer à la lutte contre la cybercriminalité, il ne suffit pas d’installer des outils technologiques qui bloquent les attaques dans les entreprises clientes. Chez Orditech, un ensemble de prestations sont mises en place pour contribuer à la robustesse des systèmes informatiques: audit de sécurité, rédaction de cahier de charges et recommandations, architecture de systèmes d’informations, gestion de projet, installation de monitoring, maintenance proactive, assistance réactive, veille technologique. Autre atout: l’entreprise utilise du matériel informatique standard, mais l’assemble de manière innovante et experte.

Il n’est donc pas étonnant qu’une cinquantaine de zones de police wallonnes et bruxelloises sur les 80 que comptent la Wallonie et Bruxelles l’aient choisie pour permettre aux policiers locaux de disposer d’un accès sécurisé à distance aux bases de données policières. La société a, en effet, développé un ISLP (Integrated System for the Local Police) mobile. Ce bureau mobile permet aux agents de police en intervention d’avoir accès à distance à la suite logicielle dédiée à la police, et donc aux informations concernant les personnes mises en cause. Le policier peut rédiger le procès-verbal d’audition, lequel sera édité dans la base de données avant d’être imprimé et remis au particulier. Ce dispositif hautement sécurisé équipe désormais les plus importantes zones de police, notamment celles de Liège, Charleroi, Namur et Bruxelles-Ouest. «Aujourd’hui, c’est vraiment notre spécialité, souligne Laurent Guelton. Cela représente environ un tiers de notre chiffre d’affaires. Ces importantes zones de police sont aussi une belle référence car elles sont dotées de beaucoup de moyens pour pouvoir gérer la criminalité. La police de Charleroi, qui a terminé sa migration, a renouvelé entièrement son système informatique. Cette installation représente une commande d’environ 1 million d’euros, la plus grosse commande pour nous à ce jour.»

Depuis 2013, Orditech est également en charge de l’informatique de Belgorail. Cet organisme de certification et d’inspection ferroviaire, qui fait partie du groupe français Certifer depuis 2017, une référence dans ce secteur, emploie une trentaine d’experts chargés de tester et d’étudier le matériel ferroviaire utilisé sur notre territoire, qui travaillent avec 200 collègues dans des entreprises externes. Les échanges entre ces spécialistes doivent évidemment rester confidentiels. «En termes de confidentialité des données, c’est une belle référence.» Pour encrypter et décrypter ces messages, la PME fait appel aux outils technologiques de Fortinet, notamment à une puce spécialisée. Le chiffrement transforme mathématiquement les données qui apparaissent sous forme de nombres aléatoires. Pour ce faire, Orditech utilise un algorithme si sophistiqué qu’il faudrait 1 500 ans à un bon mathématicien pour décrypter le message !

Dans un autre secteur, l’entreprise tournaisienne sécurise le Wi-Fi guest disponible pour les visiteurs de Pairi Daiza, mais s’occupe aussi des serveurs, du réseau, de la fibre optique, des données. Elle gère également les données générées par l’ATMO Haut-de-France, l’organisme qui surveille la qualité de l’air dans la région grâce à des capteurs reliés à une plateforme. En cas d’alerte de pics de pollution, des mails et des SMS sont adressés aux autorités et aux citoyens. Outre des sociétés de logement, des hôpitaux, des écoles, des administrations communales, la PME est également l’opérateur de confiance de grandes industries, comme le groupe suédois Höganäs, à Ath, qui produit de la poudre métallique pour l’industrie automobile, ou encore le groupe Nyco, à Tournai, qui fabrique des lubrifiants pour l’aviation militaire, ainsi que la maison mère à Paris.

Avec la crise sanitaire, le télétravail s’est imposé comme une évidence et pour Orditech, une nouvelle opportunité d’affaires. «Nous croulons sous le travail pour l’instant. Toutes les administrations, les polices, les sociétés privées doivent mettre en place le télétravail en urgence mais de manière sécurisée, évidemment. C’était le cas en mars et cela l’est à nouveau. Qui dit télétravail dit piratage possible, puisqu’on ouvre des portes dans l’entreprise. Il faut veiller à tout sécuriser. Les machines sont préparées dans les sociétés ou les administrations puis distribuées. Mais nous travaillons surtout sur l’infrastructure elle‑même, sur la porte informatique de l’entreprise qu’on appelle le pare-feu, et nous préparons ce qu’il faut sur les serveurs pour que tout se passe correctement. Cela signifie de manière sécurisée évidemment, car il y a un risque d’intrusion, et confortablement, car il faut que la vitesse utilisée sur Internet soit presqu’équivalente à celle que l’employé aurait dans l’entreprise. Ce coronavirus est un catalyseur de transformation digitale.» 

 

QUI EST LAURENT GUELTON, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ ?

Après des études d’ingénieur civil à la Faculté Polytechnique de Mons et un premier job dans une de ses spin-off, l’administrateur-délégué, Laurent Guelton, lance sa société dans le domaine des services de monitoring informatique. C’est ainsi qu’il arrive chez Orditech comme gérant indépendant en 2004. Suite au MBO, il reprend la moitié des actions des fondateurs, devient administrateur-délégué, Cédric Berte en reprenant l’autre moitié. Il assure également des formations pour Technocité. Quant à Philippe Luyten, le fondateur d’Orditech, ancien président de la Chambre de Commerce de la Wallonie Picarde, il est actuellement président d’Entreprendre.Wapi, administrateur de Wapinvest et président de l’Eurometropolitain E-Campus.