Espace

La Belgique au service de l’ESA

Geoffrey VAN HECKE • geoffrey@bvhco.be

© ESA, © OHB-Italia, © ESA,© alones – stock.adobe.com, © SPACE X, © Adam Makarenko / W.M. Keck Observatory, © NASA, ESA, CSA, Ralf Crawford (STScI) 

Spacebel et OHB Italia concluent un accord pour le logiciel embarqué de la mission RAMSES de l’ESA en vue du rendez-vous avec l’astéroïde Apophis. RAMSES signifie Rapid Apophis Mission for Space Safety (mission rapide Apophis pour la sécurité spatiale). Cette mission de l’Agence spatiale européenne escortera et étudiera l’astéroïde Apophis lors de son survol exceptionnellement proche de la Terre en avril 2029. Spacebel fournit le logiciel embarqué pour RAMSES, un composant essentiel qui va gérer l’ensemble du vaisseau spatial, l’équipement de la plate-forme et les instruments de charge utile tout au long de la mission

À propos d’Apophis et de RAMSES

Le 13 avril 2029, Apophis, un astéroïde de 375 mètres de large, passera à environ 32 000 km de la Terre. Pendant quelques heures, cet objet rocheux sera visible à l’œil nu depuis l’Europe et l’Afrique. Ce type de passage rapproché ne se produisant qu’une fois par millénaire, il offre une occasion unique d’étudier en temps réel comment un astéroïde proche de la Terre réagit à une puissante force gravitationnelle.

Grâce à RAMSES, les scientifiques obtiendront des informations très détaillées sur la structure, la composition, la trajectoire et la rotation de l’astéroïde en réponse à des forces externes. Ces informations sont également essentielles pour affiner nos stratégies de défense planétaire en cas de menace future d’un objet proche de la Terre.

Construit et dirigé par OHB-Italia. en coopération avec l’équipe du consortium, le vaisseau spatial RAMSES emportera plusieurs instruments scientifiques et déploiera 2 CubeSats afin d’étudier Apophis de près et de maximiser le rendement scientifique de la mission.

Le lancement de RAMSES est prévu en 2028 afin d’arriver à Apophis quelques mois avant le survol, ce qui permettra au vaisseau spatial d’observer l’astéroïde avant, pendant et après la rencontre.

Spacebel & RAMSES

Spacebel est responsable de la conception et du développement du logiciel central de RAMSES en capitalisant sur le développement d’Hera et de Comet Interceptor tout en maximisant la réutilisation des composants logiciels centraux. Ce logiciel de vol, qui fonctionne sur l’ordinateur de bord, assure les fonctions en temps réel du vaisseau spatial principal, notamment la commande et le contrôle des sous-systèmes, des équipements et des instruments embarqués, en particulier la caméra, utilisée à la fois pour l’observation et la navigation. Il gère les instructions opérationnelles et les mesures à bord et met en œuvre les algorithmes de contrôle et de traitement des données scientifiques. Il assure les communications bidirectionnelles entre le vaisseau spatial principal et ses 2 CubeSats, ainsi qu’entre le vaisseau spatial principal et la Terre.

Spacebel fournit également l’installation de validation logicielle (SVF), qui permet la validation complète des logiciels embarqués en modélisant les différents éléments du satellite, tels que l’ordinateur de bord, les équipements de la plate-forme et les instruments de charge utile.

Éric Lardinois, PDG de Spacebel, explique avec fierté: «Déjà étroitement impliquée dans diverses contributions logicielles essentielles à Hera, la première mission de défense planétaire de l’ESA, Spacebel joue une fois de plus un rôle clé dans une mission spatiale ambitieuse. Ce nouveau projet représente une nouvelle étape importante pour notre entreprise. Avec RAMSES, nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’excellence, de l’innovation et de la responsabilité dans le domaine spatial. De plus, cette mission extraordinaire met en évidence notre objectif, à savoir contribuer à la sécurité et à la durabilité de la planète et inspirer l’exploration spatiale en concevant des solutions pour l’écosystème spatial global. Dans ce contexte, nous sommes également heureux de poursuivre notre partenariat de longue date avec OHB-Italia, soulignant ainsi les valeurs communes qui guident notre travail dans le domaine des sciences spatiales et de la défense planétaire.»

Spacebel en quelques points:

  •     Société belge créée en 1988
  •    Active dans le secteur spatial, la défense et la gestion de l’environnement & du territoire: conception, développement, intégration et validation de systèmes logiciels au sol ou embarqués; applications de l’observation de la Terre.
  •     Effectifs: 110 personnes en Belgique (Liège et Hoeilaart) et en France (Toulouse)

Le véhicule spatial RAMSES de l’ESA effectuera un rendez-vous avec Apophis avant qu’il ne passe près de la Terre et  accompagnera l’astéroïde pendant son survol pour observer la manière dont la gravité de notre planète le déforme  et le modifie.

Quelques mots sur le Newspace

Jusqu’au début des années 2000, l’espace était l’affaire des États, des pays. Mais depuis, des acteurs privés, entreprises multinationales ou startups, investissent le secteur. C’est ce qu’on appelle le Newspace. La Belgique, et plus particulièrement la Wallonie, a suivi cette tendance.

Au niveau du spatial institutionnel, notre pays est le sixième contributeur global à l’ESA. Pour ceux qui l’ignorent, pour un euro investi dans les programmes de l’ESA par les autorités fédérales, les acteurs industriels et scientifiques enregistrent en général un euro de contrats directs en provenance de l’ESA, qui génère un effet levier. «Ce dernier est souvent estimé à 3 ou 4 euros de rendement direct de cet investissement d’un euro.» explique Vanessa Matz, Ministre fédérale en charge de la Politique Scientifique. 

Dans le secteur spatial, les fleurons wallons sont des acteurs majeurs en Belgique et à l’étranger: Thales Alenia Space (équipements pour les satellites et les lanceurs), Aerospacelab, qui construit actuellement la plus grosse usine de satellites en Europe à Charleroi, ou encore Safran Aero Boosters à Herstal. Il existe aussi Amos à Liège (solutions optiques) ou Deltatec à Ans (composants électroniques pour satellites), sans oublier Scan World (qui fut un des leaders wallons dans l’utilisation des données spatiales), absorbé par Constellr, Lambda-X (optique)…

Le secteur aérospatial en Wallonie constitue un pôle d’excellence technologique majeur, regroupant plus d’une cinquantaine d’entreprises innovantes, centres de recherche et acteurs industriels spécialisés. Il représente environ 2 000 emplois hautement qualifiés et se distingue par un fort taux d’internationalisation, notamment grâce à sa participation active aux programmes européens et aux collaborations avec l’ESA et de grands industriels. La Wallonie se place également parmi les régions les plus investies en R&D aérospatiale en Europe, ce qui renforce sa compétitivité et son rôle stratégique dans les chaînes de valeur spatiales et aéronautiques mondiales (1).

Skywin est le pôle de compétitivité aérospatial de Wallonie, qui rassemble entreprises, centres de recherche et universités du secteur. Il soutient l’innovation collaborative dans l’aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués. Son rôle est d’accélérer le développement technologique, renforcer la compétitivité des acteurs wallons et favoriser leur visibilité internationale. 

(1) Source : AWEX


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Mais encore…

Elon Musk promet un voyage vers  Mars en 2026

Malgré les déconvenues de Space X, Elon Musk reste (trop ?) optimiste. La base de lancement de Boca Chica se dote d’une nouvelle tour et d’une plateforme inédite, et la fusée elle-même est modifiée avec l’intégration du block 3. Le premier vol d’essai de cette version plus puissante est attendu très bientôt, pour le premier trimestre 2026. Mais, en fin d’année 2025, le booster 18 qui devait servir, justement, à équiper cette nouvelle génération, a explosé de manière spectaculaire lors d’un simple essai au sol. Il a donc fallu construire un nouveau booster en toute hâte pour espérer faire voler le Starship v3 sans prendre trop de retard sur le programme.

Les astronomes auraient découvert  une atmosphère autour d’une  exoplanète rocheuse

Près de 8 000 exoplanètes ont été détectées à ce jour. Sans pour autant avoir la preuve d’une vie extraterrestre. Toutefois, un pas vient d’être franchi. Un article publié dans The Astrophysical Journal Letters explique en effet qu’avec des observations du JWST, les astrophysiciens disposeraient maintenant de la preuve la plus solide à ce jour de l’existence d’une atmosphère sur une planète rocheuse en dehors de notre Système solaire. Plus exactement, les données fournies par le James Webb laissent penser que TOI-561 b abrite un océan de magma global, semblable à celui qui a probablement recouvert la Terre primitive durant l’Hadéen et qui a certainement existé à la même époque sur la Lune, océan qui serait recouvert dans le cas de l’exoplanète par une atmosphère épaisse.

Des astronomes découvrent une  planète en forme de citron

À plus de 700 années-lumière de la Terre, une exoplanète atypique observée par le télescope James Webb bouscule les scénarios de formation planétaire. PSR J2322-2650b, déformée par la gravité d’un pulsar et dotée d’une atmosphère riche en carbone, reste un objet difficile à expliquer pour les astronomes.

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