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Thibault GRANDJEAN • grandjean.thibault@gmail.com

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Une saison en enfer

«Malheureusement, tout se passe comme prévu». Cette phrase, prononcée par Jean-Marc Jancovici, l’ingénieur français spécialiste des questions climatiques, résume à elle seule le réchauffement en cours, dont l’été que viennent de subir la Belgique et l’Europe est la conséquence directe. Les canicules à répétition, la première ayant eu lieu avant même le début officiel de l’été, ont essoré nos infrastructures, nos corps, nos sociétés. Et ce n’est malheureusement que le début.

La chaleur suffocante, combinée à un déficit record des précipitations, ont provoqué une sécheresse historique. Certains endroits du Royaume-Uni, un pays pourtant réputé pour son climat humide, n’ont pas reçu un seul millimètre de pluie. Partout, les prairies sont grillées, les cours d’eau sont asséchés, même certains qui, de mémoire humaine, ont toujours coulé. Les fleuves ne sont pas épargnés. Le Rhin a ainsi atteint son point le plus bas depuis le début des relevés, ce qui n’est pas sans conséquence pour les 285 millions de tonnes de marchandises (deux tiers du volume fluvial de transport de l’Union européenne) qui y transitent chaque année. Plus à l’est, le débit du Danube a, quant à lui, diminué de deux tiers. Il a fallu mettre à l’arrêt un des 2 réacteurs de la centrale nucléaire de Cernavoda, qui fournit près de 20% des besoins électriques du pays.

Et puis il y a eu les incendies. Le 23 juillet, 126 000 hectares avaient déjà brûlé en Espagne. Le centre de l’Italie, ainsi que la Sicile, sont également durement touchés. La France a connu un incendie historique dans les Landes, ravageant 42 000 hectares, ainsi que dans la forêt de Fontainebleau, aux portes de Paris. Enfin, la Belgique a été confrontée à un feu sans précédent dans le parc des Hautes Fagnes, le plus grave depuis 1911 dans cet écosystème inestimable. En tout, plus de 450.000 hectares sont partis en fumée à l’échelle européenne, soit 2,6 fois plus que les cumuls moyens recensés ces 2 dernières décennies, à la fin du mois de juillet.

Catastrophe pour toute la biodiversité, cet été l’a aussi été pour les humains. La vague de chaleur de la fin du mois de juin a entraîné dans notre pays une surmortalité de 48% d’après EuroMOMO, un réseau qui compare la mortalité dans plus de vingt pays européens, avec plus de 2 000 décès supplémentaires. L’Allemagne a ainsi comptabilisé près de 14 000 morts dus à la chaleur. Tout cela sans compter les conséquences physiques et psychologiques chez toutes les personnes habitant des logements peu ou pas adaptés.

Malheureusement, cet été infernal, qui sera sans doute l’un des plus chauds, sinon le plus chaud jamais enregistré, sera bientôt considéré comme un été normal. En effet, le réchauffement climatique, dont les humains sont responsables en raison de l’utilisation des énergies fossiles qui rejettent du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, est sur une trajectoire de +3°C d’ici la fin du siècle au niveau mondial. Or, l’Europe se réchauffe plus vite que le reste du monde. Ainsi, la France est le pays le plus anormalement chaud du monde, avec déjà +2.8°C, suivie de près par le Luxembourg et la Belgique. +3°C au niveau mondial signifie donc +4°C chez nous, voire plus.

«Malheureusement, tout se passe comme prévu», car le réchauffement actuel suit les courbes prévues de longue date par les scientifiques du GIEC. Aucune des catastrophes énoncées ci-dessus n’est une surprise. Et l’été 2027, avec le phénomène El Niño le plus puissant jamais observé en cours, s’annonce d’ores et déjà très difficile.

Pour citer Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU: «Nous sommes sur l’autoroute vers l’enfer climatique avec notre pied encore sur l’accélérateur». Le frein, les moyens de lutte permettant la baisse drastique des émissions à effets de serre, est connu depuis longtemps. À moins de le mettre en œuvre immédiatement, notre monde sera bientôt invivable.

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L’ACTU DES ENTREPRISES

Un spray pour intercepter les virus

L’épidémie de Covid-19 a été une tragédie, mais elle a aussi permis le développement de nouvelles avancées scientifiques. Des chercheurs de l’UCLouvain, spécialistes en microscopie à force atomique (MFA) ont remarqué que les virus interagissent avec des acides sialiques, des molécules de sucre présentes à la surface de nos cellules, avant de pénétrer à l’intérieur. Les chercheurs ont donc collaboré avec un autre laboratoire, de l’UNamur celui-là, pour tenter de développer des molécules leurres, porteuses d’acides sialiques avec lesquelles interagissent les virus, les empêchant par la même occasion de pénétrer dans les cellules. Cette collaboration a abouti à une spin-off, Intercept Bio, et au développement d’un spray nasal, dont le but est simple: submerger les virus de leurres au niveau de leur porte d’entrée dans l’organisme, et ainsi limiter l’infection. Ce spray est d’autant plus intéressant qu’il empêche non seulement le Sars-CoV 2, mais également le virus de la grippe et le virus respiratoire syncytial. Facile à utiliser, non invasif et pensé pour un usage préventif, ce spray pourrait représenter une solution efficace pour les personnes souffrant de pathologies respiratoires chroniques.

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Des puces basse consommation

L’Internet des Objets, ou IoT, doit permettre l’interconnexion de nos objets du quotidien à Internet pour les programmer et les piloter à distance, afin de mieux contrôler en retour notre environnement. Mais si un tel monde est actuellement en marche, il se heurte encore à un obstacle de taille: ces capteurs ont des besoins en énergie, certes extrêmement faibles, mais nécessaires à leur fonctionnement. Ils sont le plus souvent munis de batteries au lithium, avec coût évident pour l’environnement, et la nécessité de les remplacer au fil du temps. La société E-peas, ancienne spin-off de l’UCLouvain, a ainsi développé des puces capables de récupérer de l’énergie dans l’environnement immédiat, comme les vibrations, la chaleur, la lumière, ou encore les ondes radios. Des télécommandes, des claviers, des capteurs ou des caméras peuvent ainsi être équipés de cette technologie. Leur dernière création: une puce de traçage Bluetooth, munie d’un capteur de luminosité qui lui permet de fonctionner même dans les endroits mal éclairés. Et plus encore, l’énergie emmagasinée permet de maintenir un fonctionnement jusqu’à 2 jours sans lumière.  

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Lumbacure, un siège pour les douleurs lombaires

Les humains sont de plus en plus sédentaires. Ce manque de mobilité se traduit par de nombreuses pathologies, à commencer par des douleurs lombaires. Qui, en effet, après une journée passée devant un ordinateur, ne s’est pas plaint d’avoir mal au dos ? Cette perte de mobilité, qui constitue une des causes majeures d’invalidité dans le monde, n’est, la plupart du temps, pas irréversible. Elle est la conséquence d’une moins grande sollicitation de ce complexe équilibre qu’est la colonne vertébrale, et les muscles et les tendons qui y sont associés. Pour redévelopper cette mobilité, la start-up wallonne Odix a développé un siège robotisé, dénommé Lumbacure. Ce dernier mobilise le système musculo-squelettique des lombaires. En supportant des mouvements uniformes et naturels dans différents contextes fonctionnels, il encourage la santé de la colonne vertébrale. Surtout, cette mobilisation se fait sans douleur, ce qui améliore la confiance en soi des patients, qui s’autorisent progressivement à bouger plus. Un premier prototype de Lumbacure va être installé à l’Hôpital de la Citadelle à Liège. La Région wallonne a contribué au développement de cette technologie à hauteur de 1,1 million d’euros. 

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Du textile recyclable à l’infini

L’industrie textile se heurte à un problème majeur: la source des fibres formant le fil. Naturelle, elle provient le plus souvent du coton, une culture grande consommatrice d’eau et de pesticides. Artificielle, il s’agit surtout de polyester, c’est-à-dire un plastique issu du pétrole. Noosa, une entreprise belge, commercialise une solution innovante: des fibres faites de polymère d’acide lactique (PLA), issu de résidus de culture comme l’amidon de maïs ou la canne à sucre. Ces fibres combinent plusieurs avantages: une empreinte écologique réduite, via l’utilisation de résidus de cultures qui plus est sans OGM, pas de libération de microplastiques à l’usage, et surtout un procédé unique de recyclage qui permet de séparer la fibre des colorants et autres additifs, puis de la dépolymériser, avant de recréer une fibre toute neuve, et ce à l’infini ! Le PLA a également l’avantage d’être bactériostatique, ce qui permet de limiter les mauvaises odeurs, et hypoallergénique. L’entreprise Noosa vise d’abord le développement de vêtements à destination du monde du travail, où la collecte des vêtements usagers se fait en cycle fermé, avant de s’étendre à d’autres secteurs. 

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Healant, des pneus qui se réparent tout seuls

La Belgique compte 6,14 millions de véhicules en circulation, et les crevaisons représentent près de 10% des appels aux organismes de dépannage ! Mais ces chiffres seront peut-être un jour de l’histoire ancienne. Healant, une spin-off de la VUB a mis au point un polymère auto-réparant qui, intégré à l’intérieur du pneu, permet de sceller en quelques millisecondes toute perforation. Encore mieux, l’intégrité de ce dernier est totalement restaurée lorsqu’on retire l’objet perforant, sans perte de pression. Le secret ? Un polymère 100% recyclable, imprimé en 3D pour limiter les déchets, et pour certains, basés sur des substances naturelles, et efficaces à des températures allant de -20 à 85°C ! Cette technologie innovante, financée par les fonds de l’Union européenne, est aussi efficace sur les pneus de voiture que de vélo. Healant a reçu le prestigieux Global Automotive & Mobility Innovation Challenge (GAMIC) Finals au WCX de Detroit, aux États-Unis.  

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En Bref

Le projet BIOFLOC, financé par le Service Public de Wallonie et mené par HELMo et le centre de Recherche CELABOR, met actuellement au point un floculant naturel et biodégradable pour la déshydratation de boues de stations d’épuration, afin d’améliorer leur réutilisation. Les essais ont été concluants après 18 mois d’essais.

   https://celabor.be/
 

 Dans son souci de ­souveraineté technologique, l’Union européenne a décidé de se doter de sa propre constellation de satellites de communication sécurisée et haut-débit, Iris², et opérationnelle dès 2029. En Belgique, l’entreprise AerospaceLab a été sélectionnée pour participer à leur fabrication. Elle inaugurera bientôt une usine dans la région de Charleroi, dont près de 500 satellites devraient en sortir chaque année.
 

Dès cet automne, il sera possible de signer des documents numériques via l’application MyGov.be. Cette signature, déjà disponible par ordinateur et via l’authentification grâce à un lecteur de carte, a la même valeur juridique qu’une signature manuscrite sur papier. Actuellement, 630 000 Belges utilisent déjà l’application MyGov.

   https://mygov.be/

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L’ACTU DES LABOS

Les déplacements, clé de la coopération

C’est un puzzle scientifique qui n’est toujours pas complètement expliqué. Alors que les théories de l’évolution prédisent un avantage aux individualistes, qui exploitent les ressources communes, la réalité quant à elle montre l’existence continue d’une coopération, depuis les organismes microbiens jusqu’à nos sociétés plus complexes. Or, d’après une étude menée par des chercheurs de l’UNamur, la survie de cette coopération tient au moins en partie à la vitesse de déplacement des individus. Lorsque les «égoïstes» se déplacent plus rapidement que les «coopérants» dans un système complexe, les coopérateurs tendent à rester groupés, formant des nœuds connectés en réseau. Et les nœuds les plus connectés, comme des carrefours, ou des personnes influentes dans un réseau social, sont particulièrement propices au développement de la coopération. Cette étude montre que la mobilité des individus peut modifier profondément l’équilibre entre coopération et comportement égoïste. Et que la coopération peut émerger, non pas malgré les déplacements, mais grâce à eux. Une clé supplémentaire pour comprendre les lois qui régissent les relations complexes entre différents organismes. 

   S. Roy et al. PNAS, 2026

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La consommation de viande de brousse pèse sur la faune africaine

Ce que l’on appelle communément de la viande de brousse n’est autre que de la viande provenant d’animaux sauvages. Et celle-ci constitue un apport en protéines indispensable pour des millions de personnes vivant dans les zones rurales d’Afrique centrale. Cependant, cette alimentation est également consommée de façon croissante par une population urbaine. Pour différents motifs, à la fois culturels, de statut social, et de qualité de la nourriture, la viande de brousse est jugée de qualité supérieure. Or, d’après une étude menée par des chercheurs de l’ULiège, cette consommation met une pression croissante sur la faune sauvage. Ainsi, les villes et agglomérations de plus de 10 000 habitants seraient responsables d’environ 40% de la viande sauvage prélevée dans la région, soit quelque 600 000 tonnes par an ! Et la situation empire avec l’accroissement de la population. La biomasse annuelle de viande sauvage consommée dans la région forestière d’Afrique centrale est passée de 0,73 million de tonnes entre 2000 et 2010 à 1,10 million de tonnes en 2022. Les chercheurs prônent donc une approche différenciée, à même de concilier la survie des populations les plus vulnérables, et une réduction de la consommation de viande de brousse dans les grandes villes, par le développement de filières alternatives. 

   M. Bessone et al. Nature, 2026

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Reconnaître un visage dans une foule

À quoi reconnaît-on le visage de quelqu’un que l’on connaît et ce, malgré le contexte ou les transformations qu’il peut subir au cours du temps, comme une coupe de cheveux, des lunettes, ou une moustache nouvellement apparue ? Si le cerveau ne mémorise pas chaque détail, la science expliquait encore mal quels sont les éléments les plus déterminants. D’après une étude menée par des chercheurs de l’UCLouvain, il semblerait que notre système nerveux s’appuie en particulier sur les éléments horizontaux, comme les sourcils, les yeux et la bouche, qui formeraient comme un code-barre du visage. La retenue de ces éléments tiendrait à leur stabilité, quels que soient l’éclairage et le contexte dans lesquels ces derniers sont perçus. Et bien sûr, notre capacité à reconnaître un visage, outre ces éléments, tient au fait que nous le voyons toujours dans la même position ! Ainsi, dans les expériences menées, les participants avaient plus de mal à reconnaître les visages présentés à l’envers. Ces résultats sont désormais utilisés dans l’étude des marqueurs précoces de déclin cognitif comme dans la maladie d’Alzheimer. 

   A. Roux-Sibilon et al. eLife, 2026

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Un site pour réduire son exposition aux perturbateurs endocriniens

Qui a dit que la recherche scientifique n’avait aucun impact immédiat sur notre vie quotidienne ? Grâce à un projet scientifique financé par l’Union européenne, et à laquelle ont participé des chercheurs de l’ULB, un site Internet a été créé afin d’aider les citoyens de l’UE à réduire leur exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces derniers, des molécules issues de nos produits du quotidien et qui interagissent avec nos cellules en perturbant le fonctionnement de nos hormones, sont un facteur d’inquiétude majeur à la fois pour les scientifiques, mais également pour la population. Malheureusement, les informations les concernant sont souvent difficilement accessibles, sans parler de leur compréhension. Les chercheurs ont donc réalisé un site clair, accessible en 9 langues, qui présente ces molécules ainsi que les meilleurs moyens de s’en prémunir. Ce site renvoie notamment vers des applications pour smartphone fiables, permettant de décrypter les ingrédients problématiques de nos cosmétiques et aliments. 

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Les inégalités de revenus ne proviennent pas des bénéfices des entreprises

Pour un même emploi, à compétences et diplôme égaux, les hommes gagnent en moyenne un salaire supérieur aux femmes. Ainsi, entre 1999 et 2016, les femmes du secteur privé belge percevaient en moyenne un salaire inférieur de 15,6% à celui des hommes. Des chercheurs de l’UMons et de l’ULB ont voulu savoir dans quelle mesure les bénéfices des entreprises étaient inégalement répartis, privilégiant ainsi les hommes. Mais d’après les résultats de l’étude, l’explication de ces inégalités persistantes sont à chercher ailleurs. En effet, après analyse de données issues de plus de 600 000 travailleurs du secteur privé belge, il semblerait que les entreprises belges redistribuent leurs bénéfices de manière similaire aux femmes et aux hommes. D’après les chercheurs, les inégalités seraient dès lors davantage liées à des trajectoires personnelles influencées par le partage inégal des responsabilités familiales. En effet, les femmes sont, pour ces raisons, plus enclines à travailler dans des entreprises moins lucratives que les hommes. 

   K. Pineda-Hernandez, et al. De Economist, 2026

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En Bref

Se faire comprendre clairement, en un minimum de mots est un impératif dans toute communication. Et il en va également dans l’évolution du langage. D’après une étude à laquelle ont participé des chercheurs de l’UNamur, près de 2 000 langues tendent à privilégier l’économie lexicale, c’est-à-dire en réutilisant des mots pour désigner différents concepts lorsque cela n’entraîne pas de confusion dans la communication.

   T. Brochhagen et al. Nature Human Behavior, 2026

 

Nous passons notre vie à manipuler des objets dans un environnement où la gravité est présente, mais que se passe-t-il lorsque cette gravité disparaît ? D’après une étude menée par l’UCLouvain, qui a analysé les gestes d’astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), le cerveau continue à anticiper les effets de la gravité terrestre, même après plusieurs mois dans l’espace. Ainsi, les astronautes ont tendance à serrer les objets plus fort que nécessaire, comme si leur cerveau anticipait encore leur chute.

   L. Opsomer, et al. The Journal of Neuroscience, 2026

 

Si le dioxyde de carbone émis par les activités humaines est le principal vecteur du réchauffement climatique, le méthane est également un contributeur préoccupant. Et d’après une étude de l’ULiège, s’il est majoritairement produit au niveau des rivières à cause des activités humaines, son oxydation par les microorganismes naturels ne compensent malheureusement pas sa production.

   A.V. Borges et al. Science Advances, 2026

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INTERVIEW

Le plus grand miroir monocristallin au monde

Le futur Télescope Einstein doit accueillir des miroirs sans le moindre défaut, susceptibles de résister à des conditions extrêmes. À cette fin, le Centre Spatial de Liège a reçu le plus grand miroir en silicium monocristallin au monde, afin de tester ses propriétés en conditions réelles. Explications de Christophe Collette, professeur à l’ULiège.

Pourquoi le futur Télescope Einstein doit-il être équipé de miroirs les plus purs possibles ?

Ce télescope doit servir à détecter des ondes gravitationnelles, des perturbations de l’espace-temps engendrées par des cataclysmes cosmiques, comme la fusion de 2 trous noirs. Pour cela, on mesure la longueur de tuyaux à l’aide de lasers, réfléchis par des miroirs. Les variations de l’espace-temps étant infimes, il est nécessaire que les miroirs soient exempts de défaut, afin de ne pas perturber la réflexion du laser.

Pourquoi s’être alors tourné vers un monocristal de silicium ?

La particularité du design du Télescope Einstein est d’avoir un laser enterré, dans un environnement refroidi proche du zéro absolu et dans le vide quasi intégral. Pour limiter au maximum les perturbations du laser, il faut aussi que le miroir soit non seulement froid, mais également lourd, et faiblement dissipatif, afin de réduire au maximum le bruit thermique, c’est-à-dire l’agitation des molécules. Le silicium recouvre ces différentes qualités.

À quoi est destiné ce miroir ?

Il ne s’agit pas encore du miroir final, dont les spécificités sont encore plus drastiques. Si la dimension reste la même, 45 cm, il devra atteindre une épaisseur encore plus grande, pour une masse supérieure à 100 kilos. Mais ce miroir va nous permettre de tester les réelles conditions du télescope. Il s’agit d’un moment crucial, car il a fallu plusieurs années pour obtenir un miroir tel que celui-là, qui atteint déjà les limites technologiques actuelles. Il a fallu plusieurs années pour le produire, et encore de longs mois pour le polir de façon adéquate. 

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DATA

1 sur 4

1 Belge sur 4 n’aura jamais d’enfant. La baisse de la natalité observée en Belgique, comme dans la plupart des pays développés, est souvent présentée comme une statistique brute de «moins d’enfants par femme». Et il en résulte cette croyance que la population a tendance à limiter le nombre d’enfants qu’ils ont, passant de 3 à 2, ou de 2 à 1. Mais d’après une étude de l’UCLouvain, l’infécondité est devenue une composante majeure de la baisse de la natalité. Et la Belgique n’est pas un cas isolé. Des niveaux similaires sont observés au Danemark, en Suède ou aux États-Unis. Les raisons de ce changement sont nombreuses, mais selon les auteurs, avoir un premier enfant nécessite aujourd’hui de réunir de nombreuses conditions (couple stable, logement adapté, revenus suffisants, etc.) et lorsque ces étapes sont retardées, le projet d’enfant l’est aussi, jusqu’à parfois ne jamais se concrétiser. Les auteurs appellent ainsi à repenser les politiques publiques en la matière, afin non pas de convaincre les gens à faire plus d’enfants, mais de leur offrir les conditions de vie nécessaires à leur bien-être.

   T. Baudin et al. The economics of childlessness, 2026

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COUP D’CRAYON

    Olivier Saive 

«Attention, voici venir le monstre des chatouilles ! Groooah !!!» Quel enfant n’a pas un jour participé à un concours de guilis ? Car justement, selon une étude récente, tout le monde ou presque est chatouilleux ! Les guilis transcendent les cultures et les origines. Les zones rapportées comme étant les plus sensibles sont le cou, les aisselles, l’abdomen, et la plante des pieds. Sauf que la science est, à l’heure actuelle, toujours incapable de savoir d’où vient la gargalesis, de son nom scientifique (à ne pas confondre avec la knismesis, sensation désagréable comme celle d’un insecte sur la peau) ! Darwin soutenait que nous étions chatouilleux aux endroits où nous étions le moins touchés. Pour le savoir, les chercheurs s’attèlent actuellement à construire un robot chatouilleur ! Des volontaires dans l’assistance ?

   Z. Xiong et al. Nature Human Behavior, 2026

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