Chaque année, à l’approche de l’hiver, une campagne de presse rappelle l’importance, pour tous et pour les personnes âgées en particulier, de se faire vacciner contre la grippe. L’idée est de connaître un petit effet viral tout de suite pour se prémunir d’un plus important ensuite, quand c’est le vrai pathogène qui entre en action en flux épidémique.
La réalité tient au fait que les personnes âgées sont plus vulnérables aux atteintes de ce type, parce que dotées d’une énergie naturellement sur le déclin. Ce n’est sans doute pas faux, mais il n’y a visiblement pas que cela. Une étude récemment publiée rapporte que les monocytes, ces cellules du sang qui participent aux défenses de l’organisme, sont moins riches en interférons. Or, ces protéines essentielles que nous produisons spontanément, ont pour rôle de lutter notamment contre les virus; de celui de l’influenza (grippe) en particulier.
Mais ce n’est pas encore tout. Les mêmes monocytes expriment à un niveau moindre certains gènes, et en particulier celui qui code pour le récepteur d’une enzyme, appelé RIG-1. Or, celui-ci est précisément sensible au virus de l’influenza dont il signale la présence après avoir reconnu plusieurs de ses caractéristiques moléculaires.
Donc, non seulement la personne âgée est-elle moins armée contre les attaques virales (et en particulier celle de la grippe), mais ses systèmes naturels de reconnaissance et d’action contre le virus responsable sont clairement moins efficaces. Cela fait plusieurs bonnes raisons d’accepter la couverture vaccinale au-delà d’un «certain» âge.
A chacun de voir ensuite s’il a – ou non – accédé à cet âge fatidique !
Sci.Signal, 2018; 10.eaan2392