À dynamiter les mines, on cherchera l’or sous les gravats

Géraldine TRAN – Rédac’chef 

© Halfpoint – stock.adobe.com

Les derniers résultats de l’enquête PISA ont eu l’effet d’un voyant rouge sur quelques écrans de contrôle. En Fédération Wallonie-Bruxelles, les performances des élèves de 15 ans en mathématiques ont chuté d’une vingtaine de points entre 2018 et 2022, tandis que les résultats en sciences ont eux aussi reculé. La tendance est certes internationale, mais elle n’en demeure pas moins préoccupante pour une société qui mise toujours plus sur l’innovation et la technologie.

Cela peut paraître simpliste mais on pourrait comparer notre système éducatif à un immense réservoir afin d’alimenter l’économie de demain. Pendant longtemps, le niveau d’eau semblait suffisant. Aujourd’hui, les indicateurs montrent que le bassin se vide plus vite qu’il ne se remplit. Or, ce réservoir alimente précisément les secteurs dont nous aurons le plus besoin dans les prochaines décennies: intelligence artificielle, cybersécurité, biotechnologies, transition énergétique ou encore industrie numérique.

Le problème n’est pas seulement quantitatif. Il est aussi qualitatif. Si davantage de jeunes éprouvent des difficultés en maths ou en sciences, forcément, le nombre de candidats potentiels aux filières STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) se réduit. C’est comme vouloir constituer une équipe de foot de haut niveau alors que les jeunes désertent les clubs d’année en année.

Et dans ce paysage déjà fragilisé, un autre paradoxe persiste: la sous-représentation des femmes dans les métiers technologiques. Alors même que les entreprises peinent à recruter des profils spécialisés, elles continuent de puiser dans un vivier amputé de près de la moitié de ses talents potentiels. On a heureusement réussi à dépasser certains stéréotypes des années 1950, mais ils continuent néanmoins d’agir comme des panneaux de signalisation invisibles: «ingénieur par ici», «soin et communication par là».

Pourtant, de nombreuses enquêtes montrent régulièrement que les écarts de compétences entre filles et garçons ne justifient pas une telle différence d’orientation. Ce n’est donc pas une question de capacité, mais de représentation, de confiance et d’identification. Combien de jeunes filles ont rencontré une développeuse, une spécialiste en cybersécurité ou une ingénieure en robotique capable de leur dire simplement: «cette place est aussi la tienne si tu en as envie».

Mauvais résultats PISA et pénurie de femmes dans les technologies relèvent du même défi: renforcer le vivier scientifique. Il ne suffit pas de former plus de spécialistes, il faut aussi convaincre les jeunes d’aujourd’hui, et particulièrement les filles, que les sciences ne sont pas un club privé réservé à quelques initiés. Au risque de devenir des chercheurs d’or qui avons détruit les gisements qui étaient pourtant sous notre nez ! Vous en saurez plus grâce à la rubrique Techno de Virginie Chantry. Bonne lecture !

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