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Jean-Claude QUINTART

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Belgo-Biotech Valley

C’est à force d’efforts répétés que notre région s’est hissée parmi les grandes plateformes mondiales du pharma et du biopharma. Aussi, estiment les responsables du secteur, si nous voulons progresser encore et défendre notre rôle de pionnier, est-il essentiel de maintenir le soutien apporté à nos thérapies biotech de pointe. Des thérapies qui guérissent des pathologies complexes et pour lesquelles nos équipes scientifiques possèdent une expertise unique. De fait, ces dernières années, nous avons développé un savoir-faire d’exception en thérapies cellulaires, géniques et tissulaires: les ATMP (Advanced Therapy Medicinal Product), que le belge TiGenix a été le premier en Europe à produire, suivi par l’émergence de nombreuses jeunes pousses comme Bone Therapeutics, Cellaïon, Ceylad Oncology, etc. Parallèlement se sont ouvertes des plateformes spécifiques de bioproduction (Contract Development Manufacturing Organizations) avec des sociétés comme Catalent, Exothera ou encore Kaneka Eurogentec.  

Par la richesse de cet écosystème, notre pays attire toujours plus d’investissements stratégiques. Ces dernières semaines, nous avons assisté à la pose de la première pierre par UCB d’un nouveau centre de thérapie génique et à Gand, à la construction, en collaboration avec Janssen Pharmaceutica, du premier site européen de Legend Biotech dédié à la production de thérapies cellulaires, utilisées dans le traitement de certains cancers. Des succès belges qui n’occultent toutefois pas le boom rencontré par les ATMP aux États-Unis et en Asie. «Des régions qui font des avancées très rapides», comme en atteste le dernier rapport de l’Alliance for Regenerative Medicine. Bref, si nous ne voulons pas nous retrouver à la traîne, il serait souhaitable que nos autorités continuent de soutenir fermement le secteur et adaptent les cadres légaux aux nouvelles réalités. Pour Frédéric Druck, secrétaire général de bio.be/essenscia, «L’environnement réglementaire belge et européen n’est pas assez agile. Les avancées biotechnologiques sont trop souvent confrontées à des obstacles légaux qui freinent les innovations prometteuses en médecine personnalisée». Qui souligne également que parmi les défis auxquels nous sommes confrontés réside celui des talents, notre atout le plus important, pour autant que l’enseignement puisse suivre les progrès et garder ses cursus en adéquation avec le quotidien du monde économique et médical.

De son côté, Tineke Van Hooland, Secrétaire générale adjointe d’essenscia, qui se plait à qualifier la Belgique de biotech valley, confirme que «Nous avons en effet chez nous tous les acteurs nécessaires à la couverture de l’ensemble de la chaîne de valeur des ATMP». Et que forts de cette position, «Nous devons maintenant favoriser la rencontre entre tous ces maillons pour collaborer encore plus et ce, à travers les 3 régions». Enfin, Geoffrey Pot, président de bio.be/essenscia, note que «Ces 3 dernières années, le secteur a activement collaboré avec les autorités dans le cadre de la plateforme fédérale R&D biopharma, et que le coup d’envoi de l’EU Biotech Campus a conforté le plan de relance, tout ceci avec un focus sur la numérisation et la bioproduction du futur». Aussi estime ce dernier, «Il nous faut continuer sur cette voie et travailler ensemble aux 3 priorités que nous nous sommes fixées: renforcer la position concurrentielle de la Belgique au niveau européen et mondial; développer les talents de demain et soutenir les investisseurs locaux et internationaux dans la concrétisation des factories of the future».  

https://www.essenscia.be/fr

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Chaire en Intelligence artificielle et médecine digitale

Le lancement de cette Chaire est une première en Belgique et nous le devons à l’UMONS, à l’ULB et au groupe de presse médicale RMN. Suite à cette initiative, les futurs médecins des 5 prochaines promotions profiteront d’enseignements spécifiques sur les tenants et aboutissants de l’Intelligence artificielle. «Ce projet est essentiel. Il permettra d’enseigner la science des données et le numérique pour préparer ainsi les médecins de demain. Il est également l’occasion pour l’UMONS de consolider son leadership en intelligence artificielle en santé ainsi que dans le domaine digital», explique Giovanni Briganti, titulaire de la Chaire; qui a développé le cours pour les Bacheliers en médecine à partir de la troisième année et un e-learning en ligne de 5 modules suivi d’un quiz. Dans la foulée, cette même Chaire coordonnera un certificat InterUniversitaire commun ULB/UMONS sur le même thème mais pour tout professionnel en lien avec le monde de la santé et désireux de se rompre aux bases du numérique en santé.

https://web.umons.ac.be/

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LE CHIFFRE 

1 milliard

Tel est le montant que s’apprête à investir UCB au cours de la prochaine décennie, sur son campus de Braine-l’Alleud. Au programme de ce plan, on notera tout d’abord la construction d’une usine de biotechnologie multiproduits, qui devrait être opérationnelle en 2024. D’un montant de 300 millions d’euros, cette nouvelle unité, moderne, verte et dotée d’une importante intégration numérique, fournira les outils utiles à UCB pour lancer et commercialiser les médicaments actuellement en cours de développement clinique ou récemment approuvés. Par la suite, UCB se lancera dans la thérapie génique en investissant quelque 200 millions dans de nouvelles installations dédiées à cette discipline. Le site disposera de capacités à la pointe de l’Art et de moyens essentiels au développement analytique et procédés de bout en bout, à la production clinique, au contrôle de la qualité et enfin, à la commercialisation des produits. Ces nouveaux dispositifs renforceront le domaine de la thérapie génique d’UCB, concentrés actuellement à Braine-l’Alleud et Leuven en Belgique et Boston et Durham aux États-Unis.

«Ces investissements stratégiques représentent une nouvelle étape dans notre parcours d’innovation, convertissant Braine-l’Alleud en un campus de haute technologie et forte valeur ajoutée», déclare Jacques Marbehant, Global Head of Industrial Operations chez UCB. Précisant que «Braine-l’Alleud est devenu un lieu unique qui respire l’innovation à travers toutes ses activités, offrant des possibilités infinies à une multitude de talents».

Créé en 1971, le site de Braine-l’Alleud est l’un des plus grands centres de recherche du Groupe aux côtés de ceux des États-Unis et du Royaume-Uni. Il abrite une communauté florissante et dynamique de quelque 2 065 scientifiques, techniciens, experts en technologie numérique, ingénieurs, de plus de 50 nationalités différentes. Les nouveaux investissements créeront 150 emplois supplémentaires en production biologique et une centaine en thérapie génique.   

https://www.ucb.com