L'Adn de…

Gary
GARNIER-GUISGAND
Créateur de jouets

Propos recueillis par Géraldine TRAN

Martin PILETTE

Créateur de jouets, c’est une vocation  que vous avez depuis tout petit ? Comment  l’idée d’exercer ce  métier vous est-elle  venue ? 

Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas une vocation. Rien ne me prédestinait à ce secteur-là en particulier. Par contre, après mes études secondaires, je me suis orienté vers le commerce extérieur et les relations internationales. Ce qui m’amènera, au niveau professionnel, au marketing. Dans le secteur alimentaire d’abord, puis celui de l’injection plastique en tant que Marketing manager pour la multinationale Keter, qui distribue notamment les produits des marques Curver, Allibert… L’idée de créer des jouets est née lorsque mon associé et ami, Nicolas Wauters, et moi-même sommes devenus papas. Nous trouvions les jouets existants sur le marché trop bruyants, peu esthétiques et durables, standardisés. Petit à petit, l’idée a germé de concevoir des jouets utiles, fonctionnels, jolis, ergonomiques, pas trop genrés et surtout, qui grandissent avec les enfants. Les notions de partage et d’apprentissage sont au cœur de ce projet. En 2019, nous avons tous les 2 quitté nos jobs respectifs, pourtant confortables, pour nous lancer dans l’aventure entrepreneuriale. KIDYWOLF est née. Kidy, bien sûr pour le monde de l’enfance et Wolf, loup en anglais, pour l’esprit de meute, de transmission entre générations. 

Je ne pense pas qu’il existe de formation spécifique pour ce métier en Belgique. Autant Nicolas que moi venons de secteurs totalement différents. Moi du marketing et lui du domaine de l’électronique. Ensemble, grâce à nos compétences et expériences respectives, épaulés par des designers industriels et aujourd’hui, une quinzaine de collaborateurs, nous concevons chaque jouet de A à Z. 

Comment devient-on créateur de jouets ?

Vous exercez actuellement la  fonction de co- fondateur de  KIDYWOLF basée à Waterloo, mais  quelle est votre  journée-type ?

Je ne peux pas dire qu’il y ait de journée-type. Le mercredi, tout le monde est en télétravail sauf Nicolas et moi. Le jeudi après-midi, c’est brainstorming «produits» (nouveaux projets, suivi de ceux en cours…). Le reste du temps est consacré à la gestion administrative, aux échanges avec nos collaborateurs, aux déplacements à l’étranger qui sont assez fréquents. Nous sommes présents sur différents salons et la marque est distribuée dans plus de 30 pays actuellement. 

Je suis dyslexique donc j’ai parfois eu des difficultés dans mon parcours scolaire. Je suis plutôt matheux. Et surtout, un grand curieux ! J’adore aussi le bricolage (électricité, soudage, plomberie…) pour lequel il faut tout de même une certaine logique. J’aurais adoré être ingénieur mais j’étais trop fainéant  😊

Quels sont vos liens  avec la science ?

Quelle est la plus  grande difficulté  rencontrée dans  l’exercice de votre  métier ?

Je dirais qu’en tant que chef d’entreprise, il y a beaucoup de contraintes administratives. À ce sujet d’ailleurs, une expression assez parlante dit que les États-Unis créent, la Chine fabrique et l’Europe régule. Nous avons aussi une énorme responsabilité par rapport à nos collaborateurs, que l’on doit payer tous les mois. L’entreprise doit de ce fait évidemment viser des objectifs de rentabilité. Même si nous adorons notre métier, il faut admettre que cela représente aussi beaucoup de pression.

C’est essentiellement d’être épanoui dans ce que je fais. Nicolas et moi avons encore l’envie de grandir, de nous développer, d’innover. Avec toute l’équipe, nous nous amusons tous les jours et c’est sans doute pour cela que notre pari s’est transformé en une belle aventure, appelée à durer dans le temps. Nous avons sans cesse de nouvelles idées et des projets dans nos cartons.

Quelle est votre plus  grande réussite  professionnelle  jusqu’à ce jour ?

Quels conseils donneriez- vous à un jeune qui  aurait envie de suivre  vos traces ?

Un conseil ? Suivre ses propres traces, pas les miennes ! La plus grande barrière que l’on se met, c’est nous-même. Je suis persuadé que nous sommes tous capables de plus que ce que nous croyons. Ma philosophie: faire du mieux que l’on peut avec ce que l’on a. Et ne rien lâcher, rien n’est facile mais la persévérance et le travail finissent toujours par payer. 
 
 

CARTE  D’IDENTITÉ

Gary GARNIER-GUISGAND

ÂGE : 41 ans

ENFANTS : 2 filles

PROFESSION : Créateur de jouets et co-fondateur de l’entreprise wallonne KIDYWOLF

FORMATION : Diplômé de l’EPHEC en commerce international

ADRESSE : Drève Richelle, 161 
1410 Waterloo

   +32 2 315 12 33

  gary@nespart.com

    https://kidywolf.com/

Je vous offre une  seconde vie, quel  métier choisiriez-vous ?

Je suis quelqu’un de terre à terre. Je n’ai jamais eu envie de refaire l’histoire et de regarder en arrière. Je sais aujourd’hui ce que j’ai raté. Mais si je devais vraiment répondre à la question, ce serait sans doute ingénieur car j’ai toujours aimé les sciences. 

Ce serait de pouvoir aider les autres comme on le fait avec les jouets. On apporte quelque chose aux enfants. On les aide à grandir, à apprendre en s’amusant. C’est gratifiant. 

Je vous offre un  super pouvoir, ce  serait lequel et qu’en  feriez-vous ? 

Je vous offre un  auditoire, quel cours  donneriez-vous ?

J’aime partager, échanger, challenger les jeunes, leur curiosité et leur esprit critique.

Sans surprise, j’imagine un laboratoire à jouets pour y tester de nouveaux concepts, matériaux…

Je vous offre un  laboratoire, vous  plancheriez sur quoi  en priorité ?

Je vous transforme  en un objet du 21e  siècle, ce serait  lequel et pourquoi ?

Je choisirais un objet tangible en tous cas. Par exemple, un bloc-note électronique avec lequel on peut partir en voyage et recueillir des souvenirs.

Je voyage beaucoup de par mon métier mais il y a un pays où je ne suis jamais allé, c’est le Japon. Je trouve ce pays fascinant de par ses traditions, sa culture, ses valeurs, dont le respect qui semble être fondamental pour eux. 

Je vous offre un billet  d’avion, vous iriez où et qu’y feriez-vous ?

Je vous offre un face  à face avec une  grande personnalité  du monde, qui  rencontreriez-vous et  pourquoi?

Cela risque d’être un peu compliqué mais je dirais le Petit Prince de Saint-Exupéry, pour l’importance qui est donnée au regard de l’enfance et à l’idée de l’apprentissage.

On ne vise pas un «mass market» et des énormes volumes. Nous ne voulons pas forcément être partout, dans tous les magasins du monde. Nous nous positionnons sur le marché avec nos valeurs, qui sont de proposer des jouets utiles, éducatifs, ludiques, design, qualitatifs, durables, des jouets à partager, qui répondent à des besoins et à des prix justes. On crée nos produits comme pour nous et nous ne les mettons sur le marché que lorsqu’ils ont atteint le niveau qualitatif souhaité. Nous voulons à tout prix rester qui nous sommes. C’est comme cela que nous voulons nous différencier.

La question «a  priori»: entre la  pléthore de jouets sur le marché, la  mondialisation qui  amène à des  exigences low cost,  les nouvelles  technologies, les  normes de sécurité,  le secteur du jouet a- t-il encore un avenir  dans ce paysage en  constante mutation ?

POUR EN SAVOIR PLUS :

    kidywolf.com

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