Ouvrir
la boite de Pandore: bonne ou mauvaise idée ?

Géraldine TRAN – Rédac’chef 

Image’in – stock.adobe.com

L’on dit toujours que la curiosité est un vilain défaut…et qu’ouvrir la Boite de Pandore vous vaudra de laisser échapper tous les maux de l’humanité. Être trop curieux pourrait vous coûter assez cher que pour vous en mordre les doigts. Un comble pour cette humanité qui ne survit, qui ne progresse, qui ne se transforme que grâce à cette soif inaltérable de se poser des questions, de comprendre, de chercher et tester des solutions. Et la science dans tous ses domaines, comme l’humanité, se nourrit avant tout de curiosité. Cette curiosité qui pousse un créateur de jouets à transformer une idée en objet éducatif et ludique. Cette même curiosité qui conduit les chercheurs à décrypter le langage des dauphins, à mieux comprendre les mécanismes de l’alexithymie, à améliorer la prise en charge de l’endométriose ou encore, à réfléchir aux bouleversements engendrés par l’intelligence artificielle. À première vue, les sujets de ce numéro semblent passer du coq à l’âne. Quel lien en effet entre les jouets qui accompagnent l’enfance, les cétacés qui peuplent les océans, les émotions que certains peinent à identifier, la rédaction de textes législatifs ou encore le mouvement des électrons ? Une même initiative et un même dessein: mieux comprendre. Mieux comprendre ce qui fait de nous des êtres capables de créer, de ressentir, de communiquer et d’innover. Et les sujets de ce dernier numéro avant notre pause estivale nous rappellent aussi que l’invention n’est pas réservée aux laboratoires de pointe. Derrière chaque objet ludique par exemple se cachent des années d’observation, de tests et d’imagination. Le jouet est d’ailleurs souvent notre premier contact avec l’expérimentation, la mécanique, la logique ou le récit, façonnant ainsi notre rapport futur à la découverte. Bien sûr, comprendre ne concerne pas uniquement le monde extérieur mais également les mécanismes psychologiques (cf. sujet sur l’alexithymie, soit la difficulté à identifier et exprimer ses émotions), le corps humain (cf. sujet sur l’endométriose), nos systèmes sociaux… La curiosité, le seul véritable fil rouge de ce magazine, aide sans nul doute à faire avancer les connaissances et la science… et pas seulement vers de nouveaux horizons, elle corrige parfois aussi les angles morts du passé. Même si rien ne s’arrête, l’été offre souvent un moment de répit dans le tumulte du quotidien, dans la course effrénée au savoir. Ralentir, réfléchir, prendre du recul, découvrir, redécouvrir est en général nécessaire et salutaire pour renourrir cette curiosité. Car la science n’appartient pas seulement aux chercheurs, elle appartient à tous ceux qui continuent à (se) poser des questions. Soyez curieux, restez curieux, apprenez la curiosité, partagez-la ! Toute l’équipe de rédaction vous souhaite un excellent été et vous donne rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles explorations !

Share This