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ChatGPT, Claude, Gemini… et les autres, comment choisir son IA ?

Julie FIARD • jfi@easi-ie.com  •    Vince • vincent_dubois@me.com • www.vince-cartoon.be

 
Dans les précédents articles consacrés à l’intelligence artificielle, vous avez découvert comment l’IA s’intègre dans les outils du quotidien et comment l’utiliser efficacement. Vous savez maintenant comment lui parler, lui donner du contexte et formuler vos demandes. Maintenant que vous savez comment parler à une IA, laquelle choisir ? Où allez-vous taper votre prompt ? ChatGPT ? Claude ? Gemini ? Copilot ? Mistral ?

À première vue, ces plateformes semblent faire à peu près la même chose. Et pourtant, chacun semble avoir sa préférence et de solides arguments pour la défendre: «Claude écrit mieux», «ChatGPT est plus complet», «Mistral est européen», «Claude serait plus éthique», «ChatGPT consommerait davantage de ressources».

Derrière ces affirmations se mélangent des différences réelles, des préférences personnelles, des choix économiques, des questions de souveraineté numérique, d’impact environnemental… et parfois quelques idées reçues.

Il ne s’agit donc pas de déterminer quelle est «la meilleure IA», mais de comprendre ce qui les différencie réellement et dans quelles situations chacune peut être intéressante. Alors, comment choisir au-delà des réputations et des idées reçues ?

LES GRANDES PLATEFORMES GÉNÉRALISTES se ressemblent beaucoup plus qu’avant: il y a encore quelques années, les différences entre les plateformes d’intelligence artificielle étaient assez faciles à identifier. Aujourd’hui, leurs fonctionnalités se rapprochent considérablement.

ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot sont devenus des assistants généralistes capables de rédiger, analyser des fichiers et des images, rechercher des informations, raisonner sur un problème ou créer différents types de contenus. Et leurs fonctionnalités évoluent si rapidement que ce qui les différenciait hier est souvent proposé par toutes aujourd’hui.

Comparer uniquement leurs fonctionnalités n’a donc plus beaucoup de sens. D’autres critères deviennent plus intéressants:

  • → leur écosystème
  • → leur philosophie
  • → leurs points forts
  • → leur rapport aux données et à la souveraineté
  • → les outils auxquels elles se connectent
  • → et finalement… ce que VOUS voulez en faire.

ChatGPT

LA PLATEFORME QUI A DÉMOCRATISÉ L’IA GÉNÉRATIVE

Développé par OpenAI et lancé auprès du grand public fin 2022, ChatGPT a largement contribué à démocratiser l’intelligence artificielle générative. Pour beaucoup, son nom est presque devenu synonyme d’IA.

Son principal point fort : la polyvalence

ChatGPT est aujourd’hui bien plus qu’un chatbot. Il permet de rédiger, réfléchir, analyser des documents et des images, rechercher sur Internet, mener des recherches approfondies, organiser des projets ou créer des contenus et des images.

Il peut aussi se connecter à des applications et données externes et évolue, comme plusieurs grandes plateformes, vers des fonctions dites «agentiques». L’IA peut alors utiliser différents outils et réaliser plusieurs étapes successives pour accomplir une tâche plutôt que de simplement expliquer comment la réaliser. C’est là que réside une grande partie de son intérêt: réfléchir, rechercher, analyser et produire sans nécessairement changer d’environnement.

Le revers de cette popularité

Cette position dominante alimente aussi les critiques autour de l’utilisation des données, de la puissance économique, de la consommation de ressources ou de la dépendance technologique.

ChatGPT commence parfois à être perçu comme Google pour la recherche: un outil devenu tellement évident que certains utilisateurs cherchent précisément à s’en éloigner. Cela explique en partie l’intérêt porté à des alternatives comme Claude ou Mistral, sans signifier pour autant qu’elles soient nécessairement meilleures, plus éthiques ou moins polluantes.

   À RETENIR

ChatGPT se distingue surtout par sa polyvalence et sa capacité à centraliser des usages très différents. Sa position dominante fait aussi entrer les questions de données, de dépendance et de souveraineté dans les critères de choix.

 
Claude

POURQUOI SES UTILISATEURS L’APPRÉCIENT-ILS AUTANT ?

Claude est développé par Anthropic, une entreprise américaine créée en 2021 par d’anciens membres d’OpenAI. Principal concurrent de ChatGPT, il est particulièrement apprécié pour la rédaction, l’analyse de documents longs, le raisonnement et le code.

«Claude écrit mieux que ChatGPT»

C’est probablement l’affirmation que vous entendrez le plus souvent chez ses utilisateurs. Claude s’est effectivement construit une excellente réputation pour la rédaction: textes longs, respect du ton, reformulation et analyse. Certains trouvent ses réponses plus naturelles, plus nuancées ou moins formatées.

Mais attention à ne pas transformer une préférence en vérité générale. Il n’existe pas une IA qui écrive systématiquement mieux qu’une autre. Le résultat dépend du modèle, de votre demande, du type de texte recherché et de vos préférences. Le plus simple reste encore de tester plusieurs plateformes avec exactement la même demande et de comparer.

Une philosophie différente

La particularité de Claude se trouve aussi du côté d’Anthropic, qui place les risques et la sécurité liés à l’intelligence artificielle au cœur de son positionnement.

Claude possède même une «Constitution»
–    https://www.anthropic.com/constitution – publiée par Anthropic: un ensemble de principes utilisés dans son entraînement pour orienter son comportement, notamment vers l’utilité, l’honnêteté et la limitation des comportements dangereux.

Cette approche contribue à son image d’IA plus prudente ou «plus éthique». Mais aucun critère objectif ne permet aujourd’hui d’affirmer que Claude serait plus éthique que ChatGPT, Gemini ou une autre plateforme.

Et plus écologique ?

Même prudence avec l’affirmation selon laquelle Claude polluerait moins que ChatGPT: les données disponibles ne permettent actuellement pas de l’établir sérieusement. Les entreprises publient encore des chiffres trop incomplets et calculés selon des méthodes différentes pour établir un classement fiable.

La consommation d’énergie et d’eau liée à l’intelligence artificielle mérite d’ailleurs un sujet à elle seule. Mais tordons déjà le cou à une idée reçue: un simple prompt ne «jette» pas des litres d’eau à la poubelle. Google estime par exemple qu’une requête textuelle courante adressée à Gemini consomme environ 0,24 Wh d’électricité et 0,26 ml d’eau, soit environ 5 gouttes. Ces chiffres ne peuvent toutefois pas être généralisés à toutes les IA.
 
 

   À RETENIR

Claude se distingue notamment par sa réputation en rédaction et analyse, ainsi que par la place accordée par Anthropic aux questions de sécurité. Les affirmations selon lesquelles il serait systématiquement meilleur, plus éthique ou plus écologique doivent en revanche être nuancées.

 
Gemini

LA FORCE DE L’ÉCOSYSTÈME GOOGLE

Développé par Google, Gemini bénéficie d’un atout de taille: l’écosystème qui l’entoure. L’IA est directement intégrée à des outils que des milliards de personnes utilisent déjà: Gmail, Drive, Docs, Sheets ou encore Google Search.

Et vous l’avez sûrement utilisée sans même avoir décidé d’utiliser une IA. Depuis quelques mois, les réponses générées par Gemini ont fait leur apparition en haut de nombreuses pages de résultats Google, sous la forme des «AI Overviews». Avant les résultats Web traditionnels, Google propose automatiquement une réponse générée par son IA lorsqu’il estime qu’elle peut être utile. Vous effectuez une recherche classique… et l’IA s’invite dans la réponse.

Google n’a donc pas nécessairement besoin de convaincre ses utilisateurs d’adopter un nouvel outil: Gemini vient directement s’installer dans ceux qu’ils utilisent déjà.

 Quitter ChatGPT… pour Google ?

Certains utilisateurs se tournent vers Gemini pour s’éloigner de la position dominante prise par OpenAI. Mais si la motivation est de réduire sa dépendance envers les géants technologiques américains, les GAFAM, passer d’OpenAI à Google ne résout évidemment pas vraiment la question.

Google occupe déjà une place considérable dans nos usages numériques. Cette intégration constitue donc à la fois l’un des grands atouts de Gemini et une bonne raison de réfléchir aux données que vous choisissez de confier à un seul et même écosystème.

Copilot

L’IA PENSÉE POUR L’ENVIRONNEMENT MICROSOFT

Copilot occupe une position un peu différente. Sa principale force réside dans son intégration à l’univers Microsoft: Word, Excel, PowerPoint et les autres outils utilisés quotidiennement dans de nombreuses entreprises.

Il peut ainsi intervenir directement dans l’environnement professionnel et, selon les accès accordés, s’appuyer sur les informations et documents de l’organisation.

«Copilot, c’est ChatGPT dans Microsoft»

L’idée était déjà réductrice et elle l’est encore davantage aujourd’hui. Microsoft entretient des liens étroits avec OpenAI, l’entreprise qui développe ChatGPT. Mais Copilot peut désormais faire appel à différentes technologies d’intelligence artificielle, notamment celles d’OpenAI et d’Anthropic, le créateur de Claude.

Autrement dit, la plateforme que vous utilisez n’est pas toujours l’IA qui travaille en coulisses. Un peu comme un navigateur Internet qui peut vous permettre d’utiliser différents moteurs de recherche.

Pour les utilisateurs et les entreprises déjà installés dans l’écosystème Microsoft, l’intérêt de Copilot est assez concret: intégrer l’IA directement dans les outils avec lesquels ils travaillent déjà au quotidien.

Mistral

ET SI LA QUESTION ÉTAIT AUSSI EUROPÉENNE ?

Face aux géants américains, Mistral AI occupe une place particulière. Créée en France en 2023, l’entreprise développe ses propres modèles d’intelligence artificielle et une plateforme destinée au grand public comme aux professionnels.

Son assistant, longtemps appelé Le Chat, est devenu Vibe en 2026 et évolue lui aussi vers un environnement de travail mêlant conversation, recherche, tâches complexes, code et agents IA.

Mais Mistral pose surtout une autre question: celle de la capacité de l’Europe à développer ses propres technologies d’intelligence artificielle sans dépendre exclusivement des acteurs américains ou chinois.

«Européen = forcément souverain et plus éthique»

L’origine européenne de Mistral constitue un véritable argument dans le débat sur la souveraineté numérique: conserver en Europe des compétences, des modèles et des infrastructures.

Mais «européen» ne signifie pas automatiquement «plus éthique», «plus écologique» ou même totalement «souverain». Cela dépend aussi de l’hébergement des données, des infrastructures utilisées, des partenaires technologiques et du service choisi.

Mistral représente donc une véritable alternative européenne. Pour certaines entreprises et organisations, la maîtrise des données et la volonté de limiter leur dépendance technologique peuvent peser autant dans le choix que les fonctionnalités proposées.

Et les autres ?

Le paysage ne s’arrête évidemment pas à ces 5 plateformes.

  • · Grok, développé par xAI et fortement lié à X, se distingue notamment par son intégration au réseau social et son positionnement volontairement moins conventionnel.
  • · DeepSeek, développé en Chine, a bousculé le secteur en montrant que de nouveaux acteurs pouvaient rapidement concurrencer les leaders américains, notamment avec des modèles performants et plus ouverts.
  • · Meta développe la famille de modèles Llama et intègre son assistant Meta AI dans ses propres services.

D’autres apparaîtront encore. Dans le monde de l’intelligence artificielle, tout évolue à la vitesse du numérique: les modèles progressent, les fonctionnalités se multiplient et ce qui distingue une plateforme aujourd’hui peut devenir la norme chez ses concurrentes demain.

 
Et finalement, laquelle choisir ?

Il n’y a donc pas une IA à choisir une fois pour toutes. Votre environnement de travail, vos usages, vos données et vos propres préférences comptent probablement davantage dans votre choix.

Et surtout, vous n’avez pas toujours besoin d’une IA généraliste. Recherches, travail sur vos propres documents, création d’images, de vidéos, de présentations… des outils spécialisés peuvent parfois être beaucoup plus adaptés. Ce sera précisément le sujet du prochain article.

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