WALL'INNOVE TOUR

Arrêt sur Odometric

Jacqueline REMITS • jacqueline.remits@skynet.be

jannoon028/Freepik + photomontage, ©ODOMETRIC

Il était une fois…

Une spin-off arlonaise fondée en 2008 par Julien Delva, ingénieur agronome, spécialisée dans la gestion des nuisances olfactives et de la maîtrise des émissions atmosphériques. «Nous accompagnons les industriels et les exploitants, les administrations publiques et les collectivités dans une démarche à la fois technique, environnementale, économique et sociétale», commence Julien Delva, fondateur d’Odometric, chef de projet. Ces prestations originales allient à la fois la prévention et la résolution de conflits. «La prévention permet d’effectuer des gains de temps, mais aussi financiers. Elle évite bien des déboires, protège l’image de l’entreprise. Cela s’inscrit complètement dans la démarche de responsabilité sociétale. Quand la situation est déjà existante, elle est circonscrite, quantifiée. Les objectifs de traitement sont définis, ainsi que le timing, dans un plan d’action.» Les clients de l’entreprise opèrent principalement dans l’agroalimentaire, la chimie, le traitement des eaux et la gestion des déchets. Par sa neutralité, Odometric peut contribuer à l’anticipation d’un problème ou à la recherche d’une solution acceptable entre les parties. Pour ce faire, elle dispose d’outils spécifiques de métrologie des odeurs au moyen desquels elle applique des méthodes de mesure et d’interprétations rigoureuses. «Cette expertise peut se réaliser sous forme d’audits, d’évaluation d’impacts ou d’expertises techniques. L’audit est une analyse objective de l’impact olfactif des entreprises. Cet avis indépendant permet de faire la part des choses entre les points de vue de l’entreprise, des riverains et des pouvoirs publics. L’anticipation des nuisances permet au gestionnaire de rassurer son entourage et d’éviter bien des déboires. Plus le problème est pris en amont, moins il sera onéreux à traiter.»

Odometric s’est imposée comme un leader sur le marché. Son accréditation Belac (organisme national belge d’accréditation), selon la norme ISO 17025, est un gage de confiance dans un sujet souvent considéré comme subjectif, voire partial. Cette certification est rare, Odometric est le seul laboratoire privé accrédité en olfactométrie en Belgique. En France, seules 2 entreprises sont accréditées. Cette reconnaissance garantit une expertise de haute qualité renforçant ainsi la confiance de ses clients. Le marché visé est celui de la Grande Région (Wallonie, Luxembourg, nord de la France et ouest de l’Allemagne). «La région d’Arlon occupe une position stratégique car notre champ d’action couvre la Belgique, mais aussi le Grand-Duché de Luxembourg et la France.»

Depuis 3 ans, Odometric est intégrée au groupe CSD Ingénieurs, un groupe actif dans des domaines environnementaux connexes comme l’énergie, le sol, l’eau, le bruit, la biodiversité, le paysage, l’urbanisme et les bâtiments. «Cette intégration au sein de CSD nous ouvre encore d’autres marchés comme la Suisse.»
 
 

CARTE D’IDENTITÉ

CRÉATION : 2008

SIÈGE SOCIAL : 
Rue de L’Hydrion, 50, bte 001,
6700 Arlon

SECTEUR D’ACTIVITÉS:
Analyse et gestion des nuisances olfactives

MEMBRES DE L’ÉQUIPE : 8

CONTACT : 063 33 90 50

   info@odometric.com

   odometric.com

 
 … l’envie d’innover

Odometric possède un laboratoire d’olfactométrie à la pointe répondant aux normes européennes avec un jury de nez composé de 30 personnes. Au sein de son bureau d’études et de son laboratoire, elle analyse les composés atmosphériques et modélise leur dispersion. Cette approche lui permet de comprendre la formation des odeurs et de proposer des solutions adaptées pour mieux maîtriser et traiter les rejets atmosphériques.

La société a développé un système de «nez électronique» capable de détecter, identifier et quantifier en continu des odeurs environnementales. Un système innovant de mesure et de contrôle des odeurs. Une de ses grandes spécificités est la mise en place d’un observatoire des odeurs par les riverains. Ce projet a été implémenté autour de plusieurs sites industriels problématiques, en Wallonie et en France. Les perceptions des riverains recueillies durant un an ont ensuite été comparées avec les émissions d’odeurs et les données météorologiques afin de définir les causes des nuisances olfactives et de les résoudre. «On agit en conseillant le chef d’entreprise dans sa manière d’aborder ce sujet ou les plaintes des riverains, ou encore sur son processus industriel pour travailler à la source du problème.» En remportant un appel à projets lancé par la Région wallonne, elle s’est vu confier le développement d’un système de gestion de traitement de l’air dans les stations d’épuration.

Odometric a également développé Synergy, une plateforme digitale innovante permettant aux riverains de signaler en temps réel les nuisances olfactives. «Les odeurs sont complexes à mesurer en continu car elles apparaissent et disparaissent. Seul le nez humain peut les percevoir en direct. Avec Synergy, nous pouvons collaborer avec les citoyens pour mieux comprendre les épisodes odorants et recréer un dialogue entre eux et l’industrie. Les industriels peuvent réagir instantanément et mettre en place des actions correctives grâce à l’analyse des données en temps réel.» Outre l’aspect technique, cela recrée du lien entre les différentes personnes concernées. «La technique est une chose importante, mais la compréhension de ce que l’autre vit et de ses enjeux est capitale.» L’outil a déjà été adopté par plusieurs sites industriels, comme l’entreprise Parmentier à Thorembais-les-Béguines qui produit du compostage et qui a mis en place un observatoire des odeurs. Par ailleurs, Odometric envisage d’étendre Synergy à d’autres thématiques environnementales, comme l’acoustique, afin de transformer la plateforme en un véritable outil de référence au service des exploitants et constructeurs.

Le travail sur les odeurs et la perception des riverains apporte aussi d’autres sujets d’investigation. Odometric est à présent également active dans la mesure d’autres paramètres de la chimie de l’air, tels que les COV (Composés Organiques Volatils) et les poussières. Son fort ancrage dans la mesure de l’impact a amené aussi à la réalisation d’études de risques sanitaires, ce fameux lien santé-environnement. «Cette approche est très enrichissante pour apporter de vraies réponses aux craintes des riverains sur leur santé. Ici aussi, nous innovons en apportant une approche par bio-surveillance végétale ou animale en analysant les légumes, mousses, lichens, terres ou abeilles autour de sites industriels et souvent en collaboration avec le voisinage et le site d’exploitation.»
 
 

QUI EST JULIEN DELVA, FONDATEUR ET CHEF DE PROJET ?

Originaire de Marche-en-Famenne, de parents entrepreneurs, Julien Delva est, depuis toujours, passionné de science et de nature. Il décroche son diplôme d’ingénieur agronome à la Faculté de Gembloux avec l’idée d’entreprendre une carrière de chercheur. «Mais le monde académique était trop figé et trop hiérarchisé pour moi. J’ai abandonné ma thèse de doctorat car je n’y voyais plus de sens.» Il intègre alors un projet First Spin-Off au campus d’Arlon de l’ULiège, dédié à la détection des moisissures dans les habitations à l’aide d’un nez électronique. «Je voulais créer une entreprise. L’aspect entrepreneurial m’intéressait beaucoup. Avec le nez électronique, on s’est développé dans le domaine des odeurs.» Ce qui aboutira à la création d’Odometric. Depuis 3 ans, au sein de CSD, la gestion de l’équipe a été reprise par Jean-François Thomas. «Je souhaitais revenir vers des domaines plus techniques, retrouver le terrain et poursuivre l’innovation. Ce qui me passionne, c’est d’être face à un problème environnemental, de le regarder sous ses différents angles afin d’identifier la meilleure approche, en y incluant l’identification de plus-value pour l’entreprise. Je lutte contre le « Oui, mais on a toujours fait comme ça »… J’entends souvent que le respect de l’environnement n’engendre que des coûts pour l’entreprise. Pourtant, il y a vraiment moyen d’en retirer aussi des plus-values. C’est vrai que cela a un coût, mais, au bout du compte, il est bien moindre que l’inaction.»
Et l’inaction, Julien Delva ne connaît pas.

Share This