Espace

HWO : La clé vers une rencontre extraterrestre

Geoffrey VAN HECKE • geoffrey@bvhco.be

NASA’s Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab, GSFC/SVS, Nasa

Habitable Worlds Observatory ou HWO est le futur télescope spatial de grande taille que l’agence spatiale américaine, la NASA, envisage de développer après les projets JWST (lancé en 2021) et Nancy-Grace-Roman (lancement prévu en 2027). Ce télescope doté d’un miroir primaire dont le diamètre serait compris entre 6,5 et 8 mètres, effectuerait ses observations dans l’ultraviolet en lumière visible et dans le proche infrarouge

 
L’après James Webb

On ne présente plus le James-Webb Space Telescope, le dernier outil surpuissant dans l’observation spatiale. Son apport principal n’est pas seulement de produire des images spectaculaires: grâce à l’infrarouge et surtout la spectroscopie, il peut déterminer la composition chimique d’objets extrêmement lointains ou cachés par la poussière. Ses 4 grands objectifs restent l’Univers primordial, l’évolution des galaxies, la naissance des étoiles et des planètes, et l’étude des exoplanètes. Webb voit des galaxies très brillantes et déjà relativement évoluées beaucoup plus tôt qu’on ne s’y attendait. En janvier 2026, les astronomes ont notamment confirmé MoM-z14, observée telle qu’elle était seulement environ 280 millions d’années après le Big Bang. Cela ne remet pas en cause le Big Bang, mais oblige à comprendre comment certaines galaxies ont pu se former et évoluer aussi rapidement. Autre surprise majeure: les trous noirs supermassifs semblent eux aussi apparaître extrêmement tôt. En 2026, Webb a permis d’étudier Abell2744-QSO1, une minuscule galaxie datant de plus de 13 milliards d’années. Son trou noir atteint environ 50 millions de masses solaires et semble disproportionné par rapport à sa galaxie. Cela renforce l’hypothèse que certains trous noirs géants pourraient être nés à partir de «graines» déjà très massives plutôt que de croître progressivement à partir de petits trous noirs stellaires. Webb révolutionne également les exoplanètes. Il peut faire passer la lumière d’une étoile à travers l’atmosphère d’une planète et rechercher l’empreinte de molécules comme H2O, CO2, CH4 et d’autres composés. Il a même permis en 2026 d’identifier une nouvelle planète géante, Beta Pictoris d, grâce à la signature chimique de son atmosphère plutôt qu’à un simple point lumineux sur une image. Enfin, Webb observe avec une précision extraordinaire la naissance et la mort des étoiles, les disques où se forment les planètes et même notre propre Système solaire. Il a par exemple cartographié en détail la haute atmosphère d’Uranus et observé la nébuleuse de l’Hélice avec une résolution infrarouge exceptionnelle.

La question la plus fascinante est probablement: jusqu’où peut-il remonter vers les premières lumières de l’Univers ? Webb cherche à déterminer quand sont apparues les toutes premières générations d’étoiles et de galaxies, comment elles se sont enrichies en éléments chimiques et comment les premiers trous noirs se sont formés. Il est déjà en train de repousser cette frontière. L’autre immense objectif concerne les petites exoplanètes rocheuses. On aimerait savoir lesquelles possèdent réellement une atmosphère et, lorsque c’est possible, déterminer sa composition. Un programme spécifique étudie actuellement plusieurs mondes rocheux autour de petites étoiles, notamment GJ 3929 b et LHS 1140 b. Il faut cependant être prudent avec le mot «vie». Webb pourrait éventuellement détecter des molécules intéressantes – eau, méthane, CO2, etc. – mais une molécule isolée ne constituerait pas une preuve de vie extraterrestre. Il faudrait observer plusieurs signatures cohérentes et éliminer des explications géologiques ou chimiques non biologiques. En d’autres termes, à ce stade, nous ne sommes pas encore en mesure d’affirmer avec certitude l’existence de vie extraterrestre, même si nous la soupçonnons fortement.

Nancy-Grace-Roman

Le développement de Roman par l’agence ­spatiale a pour origine le rapport décennal de 2010 du Conseil national de la recherche des États-Unis qui donne la plus haute priorité à la réalisation d’un observatoire spatial chargé d’étudier l’énergie noire. Cette forme d’énergie, dont l’existence est découverte de manière indirecte en 1998, est une composante majeure de l’Univers mais sa nature relève de spéculations. Roman a également pour objectif d’effectuer un recensement statistique (masse et distance de leur étoile) des exoplanètes situées dans le bulbe galactique par l’observation des microlentilles gravitationnelles et d’identifier et de caractériser celles situées à proximité du système solaire à l’aide d’un coronographe. Le troisième objectif est de cartographier l’ensemble du ciel dans l’infrarouge. L’outil permettra des avancées majeures dans notre compréhension de l’Univers mais il n’est pas destiné à rencontrer une autre forme de vie.

Prochaine étape majeure de l’astronomie, le télescope spatial Nancy Grace Roman offrira une vue d’ensemble de l’Espace.

Habitable Worlds Observatory

Le bouleversement sociétal tant attendu viendra peut-être de lui. Au milieu de la précédente décennie, la NASA développe 2 grands télescopes spatiaux: JWST et Nancy-Grace-Roman. Compte tenu de la longueur du cycle de développement de ce type de projet, elle engage dès 2016 des études de faisabilité visant à définir les caractéristiques du futur télescope spatial. Dans les domaines scientifiques, l’agence spatiale choisit les projets qu’elle compte développer en s’appuyant sur un rapport établi chaque décennie par l’Académie des Sciences. Pour fournir des éléments au rapport de l’Académie des sciences relatif à l’astronomie et à l’astrophysique, qui doit définir les axes prioritaires dans ces domaines pour la décennie 2025-2035, la NASA finance en 2016 l’étude de 4 projets d’observatoire spatial. Les rédacteurs sont des représentants de la communauté scientifique et industrielle impliqués dans le développement des télescopes spatiaux: membres de l’agence spatiale, chercheurs extérieurs et représentants de l’industrie. Les 4 projets étudiés sont: LUVOIR, HabEx (Habitable Exoplanet Imager), Lynx et OST. Au vu des dépassements budgétaires colossaux des 2 précédents grands projets, un compromis est trouvé. Ce sera un mix entre LUVOIR et HabEx, évalué à 11 milliards de dollars.

HWO pourrait être un télescope en 2 parties avec un Starshade: un écran occulteur géant en forme de fleur placé  à des dizaines de milliers de kilomètres devant le télescope spatial pour bloquer la lumière des étoiles et permettre l’observation directe d’exoplanètes.

Les objectifs scientifiques poursuivis par le télescope HWO relèvent de 4 thèmes:

  • · Étudier comment les galaxies et leur environnement ont changé au cours de l’histoire de l’Univers.
  • · Retracer comment les éléments chimiques et les molécules ont évolué en étudiant la formation, la distribution et l’évolution des étoiles.
  • · Étudier les objets du système solaire à toutes les échelles et combiner les données récoltées avec le résultat des études des exoplanètes pour déterminer toutes les catégories de planètes envisageables et déterminer tous les scénarios de formation des systèmes planétaires.
  • · Rechercher et caractériser les exoplanètes potentiellement habitables et identifier des signes potentiels de vie.

Contrairement au JWST, HWO sera conçu pour pouvoir être réparé et amélioré par des missions robotiques (sans équipage). Il sera capable de détecter les biomarqueurs d’au moins 25 exoplanètes de type terrestre situées dans la zone habitable de leurs étoiles. Le lancement de ce bijou technologique est prévu vers 2040. En attendant, l’émerveillement que nous procure le cosmos reste intact.  


Espace

Mais encore…

Un premier satellite commercial made in Belgium pour la République Démocratique du  Congo: un contrat historique pour  SPACEBEL

Avec ce satellite en grande partie belge baptisé RDC-SAT en faveur du Centre national de télédétection (CNT), un établissement public à caractère scientifique et technologique, la République Démocratique du Congo pourra ­surveiller en toute indépendance son territoire, ses ­frontières et son environnement. Cet engin spatial d’un poids de 250 kg jouera un rôle important dans la gestion des ressources ­naturelles du pays: l’agriculture, les mines, la foresterie. Il s’avérera ­également très utile dans le domaine de la sécurité et le secteur de la recherche scientifique. En outre, ­l’acquisition de cet engin ­spatial permettra d’assurer un ­meilleur suivi du réchauffement ­climatique, de minimiser ­l’impact des catastrophes naturelles, etc. Sur le plan économique et financier, la R.D.C. pourra attirer des investissements, qui mèneront à la création d’emplois et une contribution non-négligeable au budget de l’État.

Une éclipse après 27 ans en Belgique

À 20h13, le 12 août 2026, les Belges ont pu admirer le Soleil occulté à 89.5% par la Lune. Mais avec le Soleil à seulement 7° au-dessus de l’horizon. Alors que l’éclipse était encore en cours, notre étoile s’est couchée à 21h03 (sur Bruxelles). La prochaine éclipse partielle en Belgique aura lieu en 2027, nettement moins impressionnante. Il faudra «attendre» 2090 pour une éclipse totale.

Pourquoi doit-on porter des lunettes lors d’une éclipse ?

Regarder directement le Soleil peut endommager gravement la rétine, même si le Soleil semble moins brillant. Voici pourquoi :

• Les rayons du Soleil restent dangereux : pendant une éclipse, la Lune cache une partie du Soleil, mais les rayons ultra­violets (UV), infrarouges (IR) et la lumière intense continuent ­d’atteindre l’œil.

• La pupille se dilate : comme il fait plus sombre, la pupille s’ouvre davantage, laissant entrer encore plus de lumière nocive.

• La rétine ne ressent pas la douleur : on peut brûler une partie de sa rétine sans s’en rendre compte. Cela peut entraîner une perte de vision permanente, appelée ­rétinopathie solaire.

Les lunettes d’éclipse certifiées (conformes à la norme ISO 12312-2) filtrent plus de 99,999% de la lumière solaire et ­protègent les yeux. La seule situation où l’on peut regarder le Soleil à l’œil nu est pendant la totalité d’une éclipse solaire totale, lorsque le disque solaire est entièrement caché par la Lune. Dès que le moindre morceau du Soleil réapparaît, il faut remettre les lunettes. 

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